Sacré Père Noel

Posté le 21 décembre 2020

 

 

Un prétexte bien sûr que cette étrange période nous propose pour rédiger un rapide écrit un brin provocateur, pour y montrer rapidement comment apparemment malgré nous, nos sociétés ont organisées un système complexe de déviance, et ce clin d’œil salvateur d’un père noël qui est le bienvenu en cette période.

 

Article conçu donc plus comme un divertissement pour égayer ces journées d’un hiver balbutiant, que d’un exposé car il ne s’agit pas ici de dérouler l’ensemble des symboliques associées à cet icone qu’est le Père noël, ce que j’avais d’ailleurs esquissé dans un autre article, mais plutôt de l’agréger aux environnements ambiants que nous procure de deuxième confinement.

 

L’accoler également à plusieurs conjonctures que nous subissons et que je vais rapidement esquisser.

 

La première de ces conjonctures est liée à ce que génère ce second confinement. Nous pensions nous être débarrassés de cette épreuve, en avoir tiré quelques hâtives conclusions. Notamment par le fait que nous savions que ce premier confinement avait généré de nombreuses difficultés : comme des addictions, troubles du sommeil, fatigues psychiques, pertes d’appétits, tristesse peur de la mort, angoisses de toutes natures, et tant d’autres. 

 

Pensant y être de fait préparé, mais ce deuxième confinement a généré d’autres inquiétudes et comportements tout aussi étranges, et que je décris actuellement dans une série d’articles sur les éléments de structuration et de construction du psychisme, et dont nous trouvons deux exemplaires sur ce blog.

 

Car ce deuxième épisode de confinement nous ramène à des comportements étranges tant individuels que collectifs, et met en résonance les fragilités sociétales qui sont ainsi mise en exergue. 

 

Ces confinements ont le mérite de mettre en épigraphe, d’amplifier des conduites et comportements individuels et collectifs. qui sont autant de référence à nos rapports avec l’ensemble des structures d’autorité et à nos comportements et attitudes face à elles.

 

Ces structures d’autorité conditionnent nos comportements individuels et collectifs, aussi je propose pour observer et détailler cela d’utiliser les topiques freudiennes comme des éléments de compréhension 

 

Nous savons que dans la deuxième topique freudienne apparaissent trois éléments constituants que sont le Ca, le Moi et le Surmoi, cette présentation a le mérite de rendre dynamiques les échanges dans le cadre du psychisme en définissant les lieux et les charges d’affects.

 

Une fonction est particulièrement intéressante à observer qui est celle du Surmoi dont le rôle est prépondérant à l’émergence de notre pensée et cadre décisionnel qu’est le Moi. Ce Surmoi est véritablement complexe et ce n’est pas le but de le décrire ici, mais il est important d’en retenir le fait que c’est un régulateur dont nous avons besoin. Un gendarme bienveillant qui a intégré et automatisé des codes de conduites à travers un cadre.

 

Cette structure hautement importante, se construit dès l’enfance, elle se construit en réalité dès l’apparition de la vie sous la forme de réflexe Pavlovien que je vais continuer à décrire dans les articles à venir.

 

Les prédicateurs initiaux en sont bien sûr les premiers éducateurs que sont les parents. Et je développerai une série d’articles sur la nécessité des conduites à tenir mais il est important de rappeler que l’enfant pour se protéger de lui et de l’extérieur à besoin de ce cadre.

 

C’est l’autorité a priori naturelle que la nature confère aux parents qui en fait la légitimité, mais malheureusement, et c’est l’objet de ces articles en cours, cette légitimité se perd parfois très rapidement et peut même avoir peu existé.

 

Je précise dans cette série d’articles que c’est au parent de savoir trouver sa place dans ces espaces de bienveillance et de bien-aisance que propose de façon naturelle l’enfant, et qui font que dans ces moments naturels de partage la présence de l’adulte est appréciée pleinement dans sa bienveillance, et non pas tel un prédateur qui fonderait sur sa proie.

 

Cette bienveillance permet dans ces moments de partage de glisser des commentaires, des appréciations et des conseils en termes de modes de conduites, ce qui fait que l’enfant de fait les appréciera sous la forme de véritables conseils et non d’injonctions, ainsi se créé l’autorité dans sa légitimité, mais malheureusement trop nombreux sont les parents qui se positionnent que comme des nourriciers ou des autoritarismes.

 

Structure individuelle à travers le Surmoi individué & Structure collective à travers les structures d’autorité étatiques et élargies.

 

Nous avons compris la nécessaire légitimité dont doit jouir l’autorité afin d’exercer de manière naturelle et donc de plein droit cet exercice, c’est ainsi au niveau individuel, et c’est ainsi également au niveau collectif. 

 

Il  existe également un Surmoi collectif dont une bonne partie est exercée par les structures étatiques dans toutes les fonctionnalités qu’elle représente.

 

Les représentants les mieux identifiées étant les responsables de ces états. Fonctionnalités combien mises à mal depuis des années dont nous avons vu le résultat des élections qui au-delà des personnes s’est exercé contre un système de représentation dont les citoyens ne voulaient plus.

 

Ils ne croient plus dans cette organisation et ses représentants, doutant de sa légitimité. rendant ainsi caduque toute forme d’autorité quel qu’en soit le représentant. 

 

« On nous ment », « On ne dit pas tout » dit le fameux sketch, sauf que de nos jours avec l’ensemble des informations de toutes natures la parole officielle n’arrive plus à trouver sa posture et stature d’autorité, sa légitimé étant tellement mise à mal.

 

Et si cela ne suffisait pas nous avons rajouté une couche en rajoutant une supra autorité qui est cette Europe, non réellement précisée et détaillé, et cela le restera tant que personne ne pourra donner le numéro de téléphone de son président.

 

Se substitue au-dessus de nos états cette sur-autorité dont nous ne connaissons pas la réelle légitimité, autre que celle voulue et exprimée par des hiérarques.

 

Ne s’agissant ici en aucune manière d’un discours politique, nous allons nous cantonner à raisonner dans, et par notre esprit psychanalytique qui consiste simplement à dire qu’au-delà d’une autorité naturelle qui a du mal à exister qu’est l’état, nous avons rajouté cette  supra autorité qui annihile de fait cette première autorité étatique de plus en plus chancelante.

 

Papa si tu ne nous dis pas oui, nous irons voir la bonne maman Europe !

 

Je reviendrai en déclinant à travers d’autres articles cette réflexion concernant ces deux fonctions maternante et paternante qui sont naturellement complémentaires, mais qui ici et maintenant entrent   en collusion et s’annihilent.

 

Ce qui revient à dire qu’actuellement cette fonction légitime d’autorité qui pose le cadre qui doit protéger et rassurer, et surtout dont nous citoyens avons besoin, n’existe plus. Ceci permet toutes les déviances accompagnées en plus par le produit de nos institutions immatures et aux défaillantes nombreuses. 

 

La suite de ce rapide exposé sera développée dans d’autres écrits qui vont organiser les prémisses d’un ouvrage, mais cette esquisse est là pour montrer que ce Surmoi collectif est mis à terre. Pour appréhender mieux cette réflexion, je renvoie à mes articles précédents dans lesquels figure le tableau orthogénique du psychisme, où figurent les notions de matrice de croissance. Pour reprendre la signification des matrices, nous pouvons considérer que nous avons cassé la matrice de production, mais nous ne sommes à peine qu’au balbutiement d’une nouvelle adaptation. Celle-ci devra développer les nouveaux modèles et repères dont toute société a besoin qui se manifesteront par des nouvelles formes d’autorité, de représentativité pour que celle-ci deviennent à nouveau en adéquation avec leurs époques légitimes.

 

 

Quid de ces déviances ?

 

Pour en revenir à nos déviances dont le père noël fait partir bien malgré lui. Nous avons constaté que ce deuxième confinement a généré des nouvelles pratiques très observables de contournement. Et qui à la différence du premier confinement vont passer outre les formes d’autorité.

 

Car cette fois-ci les citoyens ont la sensation grâce à l’ensemble des informations contradictoires disponibles auxquelles ils sont confrontés, d’être cette fois-ci  non protégées, mais enfermés ou pire séquestrés. Le doute repose sur le fait qu’il peut exister des manipulations de la part de ces autorités, ce qui bien sûr ne devrait pas exister. Que ce soit de la part des corps représentatifs de l’état, ou encore pire de la part des structures de représentation du corps médical, et de la recherche qui peut y être associée.

 

Haute autorité qui devrait être théoriquement inattaquable, car comment douter de ses soignants qui ont le serment d’Hippocrate dans le sang ? Comment imaginer que de tels conflits d’intérêts existaient jusqu’où sont-ils installés, et ceci en toute impartialité.

 

Le doute existe donc bien et il n’y a rien de pire, car actuellement personne n’a l’autorité institutionnelle qui donnerait la légitimé à sa parole.

 

Ainsi de très nombreuses activités se sont déroulées en souterrain, nous connaissons l’esprit frondeur par nature, de jouer plus ou moins avec les schémas dépositaires de l’autorité, mais actuellement nous savons que de très nombreuses activités interdites ont eu lieu et que rencontres, réunions prestations ou activités de toutes natures ont continué à se dérouler.

 

Je le rappelle à la différence du premier confinement, les amis, les familles, les groupes se retrouvent en cachette, pratiquent ensemble se légitimant tous, comme si d’un coup un autorisé à fronder la loi était permis. Le groupe fait la légitimité de la désobéissance.

 

Cela est particulièrement sérieux, impactant directement et profondément encore plus la légitimité des structures d’autorité.  Actuellement la liberté prévaut sur les directives sanitaires. Le pire est que les parents vont créer cet exemple auprès de leurs enfants, et qu’un modèle d’autorité légitime que l’on puisse contourner la règle…  il n’y a pas pire !

 

Le Père noël, le pauvre est bien malgré lui le complice de ces dérives, car il a organisé le jour fatidique de sa venue !

 

Ainsi les familles vont se rencontrer avec de très nombreuse occasion de braver les interdits, ou bien se déchirer. Car au cours de mes séances, j’ai constaté combien de familles se déchireraient sur la façon de préparer ces fêtes. Pour se recevoir parents, grands-parents, et enfants sont en désaccord assez souvent,  également au  risque de ruptures, tout du moins se menaçant de ne plus se voir, si les exigences des uns et des autres n’étaient pas compatibles.

 

Le père noël est-il personnage sacré ? 

 

C’est un distributeur de cadeaux certes, mais nous lui en demandons beaucoup, dans cet état d’incertitude et d’errance dans laquelle se trouvent actuellement nos sociétés occidentales modernes.

 

Mais il est certain qu’il porte en lui tous nos rêves, et en cela il faut continuer à croire en lui, car il est comme nos peluches d’enfance, il est nous.

 

En réalité il est un idéal du Moi intime idéal projeté pour nous et en l’autre. Sa réalité vécue dans l’espace de cette magie de Noël lui correspond, nous correspond.

 

Le rêve est diffèrent de l’espoir, l’espoir ne fait pas vivre il nous fait dépendre d’une destinée, d’un hasard, d’une croyance de la chance, ou de l’autre.

 

Alors que le rêve se construit, l’utopie d’ailleurs nourrit le rêve, le rêve se concrétise en projets, les projets en réalité.

 

Ces rêveries, ces rêves vont devenir des réalités, c’est ainsi que se construisent les Surmoi. Car celui qui rêve, se projette, croit, créé, pas l’autre.

 

Rêver en ce Père Noël en nous, c’est retrouver ce Moi intime, celui qui transporte, celui qui sait par les rêves modéliser des nouvelles conduites. Ainsi nos conduites individuelles après avoir modélisées ces Surmoi individuels, s’agrègent de fait et feront de fait émerger ce Surmoi collectif.

 

 

Alors sacré le Père Noël ? Assurément fameux le Père Noël, mais surtout soyons assez résistant pour conserver la force de croire en lui, car il représente cette puissance en l’homme des rêves, pour encore et encore rêver plus.

 

Et finalement si le Père Noël était à lui tout seul une subversion ?

 

Alors chut surtout n’en parlons plus, mais protégeons-le au plus profond de nos rêves !

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