Noël ou L’avenir d’une illusion

Posté le 8 décembre 2021

 

 

 

Un article intermédiaire venant comme un souffle que cette saison nous propose entre ceux plus conceptuels actuellement développés.

 

Depuis quelques semaines, les levers et couchers de soleil sont plus beaux, la lumière est plus belle, et même si les jours raccourcissent beaucoup trop vite, ça reste suffisamment beau pour qu’on accepte de perdre quelques heures de soleil.

 

On est encore empli de sommeil, le corps ne s’est pas encore refroidi, toujours chaud des rêves de la nuit, et la brume en cette saison, permet d’adoucir la transition nous enveloppant comme une petite couverture impalpable.

 

La campagne change, les odeurs, les couleurs, les saveurs de ces couleurs, les bruits sont autrement perçus, plus proches et cristallins, et assourdis en même temps. La ville également changé, les humeurs changent, on assiste à l’installation des guirlandes, on voit des Pères Noël partout, tout devient plus festif et ça nous permet de braver le froid plus facilement, ainsi plus les jours avancent, plus on s’approche des fêtes de fin d’année. 

 

Difficile alors d’échapper à ces environnements et ambiances, quitte encore à feindre d’ignorer que le temps de Noël et du nouvel an qui appartiennent à ces rites de passage qui façonnent la mémoire collective approchent. Ce sont des marqueurs du temps, de notre temps, plutôt même de notre temporalité, et de fait l’occasion suggérée presque malgré nous de réfléchir ainsi au sens de notre existence.

 

 

Mais ce titre « Noel et l’avenir d’une illusion » est également bien sûr comme un clin d’œil à l’ouvrage de Freud « L’avenir d’une illusion » paru en 1927, dont j’ai toujours trouvé le titre tout autant insolite que propice à d’étranges rêveries.

 

Rêveries dont les illusions font partie de notre quotidien, et bien souvent malgré nous, car ce sont des idées fausses et relatives, auxquelles l’on s’accroche pour croire en une idée en nous, une idée de nous. Et cette période des fêtes, et particulièrement celle de Noël, a pour qualité de conforter la mémoire collective en rappelant des événements générateurs de racines et porteurs de traditions. 

 

 

Il sera plus facile d’organiser le déroulement de la réflexion autour de Noel simplement qui focalise et détermine cette fonction de rassemblement et d’appartenance comme à une famille, des proches, des amis, ou une communauté. Et présente cette singularité de présenter par nos attentes l’ensemble des illusions qui y sont associées.

 

 

Noel rappelle également comme une dimension du sacré qui peut aussi faire partie de la vie de tout être, ce sacré est celui d’un temps de renouveau. La littérature et l’ensemble des arts regorgent de ce thème d’inspiration. Nous considérerons ici que la notion de sacré présente aussi singulièrement une notion sociale, c’est-à-dire un produit de l’activité collective. Mais je propose de considérer que tout ce qui exprime le sacré, représente en réalité une forme, une catégorie de la sensibilité, car c’est un élément dans la structure de la conscience.

 

Ce qu’il est intéressant de considérer c’est qu’il s’agit véritablement du lien, de l’interface entre le conscient et le Moi intime. Conscient que quelque chose en nous de fort de puissant est ainsi interpellé, ce qui explique d’ailleurs les émotions intenses que nous pouvons ressentir devant une oeuvre d’art, ce que certains s’efforcent de réprimer, persuadés à tort bien sûr qu’il s’agit d’une marque de faiblesse, que d’être ainsi emportés par leurs émotions. Qu’ils se rassurent nous n’en sommes pas encore dans un flot d’émotions qui nous amènerait à frôler l’hystérie. Mais l’émotion et le plus humain en nous.

 

 

Ce sont nos émotions qui maintiennent en nous ce soupçon d’humanité

 

 

Ainsi, qu’il s’agisse de Bach, pour citer le plus connu, de Liszt, de Monteverdi, de Michel-Ange, beaucoup dans l’art est orienté vers le sacré. Nous pouvons relever que dans la littérature autant Durkheim dans « le profane et le sacré », et Mircea Eliade lui dans « le sacré et le profane », ne manquent pas de lier le temps festif de décembre aux rites de passage qui marquent profondément les cycles de vie de chacun. 

 

 

On peut ajouter indubitablement que la fête de Noël permet particulièrement à chacun d’assumer son histoire et d’affirmer son identité tout en s’ouvrant au prochain et aux solitaires. Car incontestablement ces fêtes et noël en particulier touchent le sacré en nous. Ce sont nos PMDP qui sont ces poches matricielles de plaisir qui semblent ainsi activées en nous.

 

 

Tout ce sacré, qui catégorise cette sensibilité, cette forme, cette structure de notre conscience, est là pour activer en nous ce qu’il y a de plus intime, de plus précieux. Ceux qui lisent mes articles, comprennent qu’il s’agit de cette interpellation de notre Moi intime, c’est ce moment des sollicitations collectives comme seul Noël est encore capable de l’évoquer. Mais il en existe d’autres bien sûr notamment comme lors des fêtes païennes ancestrales à l’occasion de la célébration des solstices, ceux-ci étaient déjà une période charnière de l’année, qui regroupait de nombreuses croyances et pratiques païennes telles que la fertilité, la maternité, l’astronomie, ou la procréation.

 

 

Alors c’est bien sûr le caractère sacré, ainsi défini de Noël qui nous intéresse précisément. 

 

 

Observons pourquoi ces fêtes et particulièrement Noël ne nous laissent pas indifférents

 

Nous pouvons considérer que la plupart du temps, une sensation d’agrément a été activée, celle-ci est souvent diffuse, comme une aspiration à des bonheurs indicibles mais inscrits au fond de nous. Une certaine forme de fébrilité y participe, ce sont les évocations de toutes natures, les employés dressant les lumières dans les rues, celles des commerces, des guirlandes, les vendeurs de marron, les vitrines toutes pimpantes décorées de paquets. Tout est là pour évoquer et proposer cette sensation diffuse qu’il va se passer quelque chose, comme une idée de bonheur, de petit paradis connu, perdu. Cette sensation très intime comme les autres de même nature, cherchera à être réactivée, agissant comme une PMDP, en recréant des ambiances, des perceptions enfouies en nous, mais en est-ce véritablement une. 

 

 

Dans cette situation générée par cette ambiance irréelle, des effets bénéfiques vont se faire ressentir. Il y a deux possibilités comportementales et réactionnelles qui sont souvent activées ensemble, possibilités que je vais préciser. Nous allons mener deux réflexions en parallèle, une forme d’isométrie de pensée. Effectivement deux concepts se côtoient, s’interpénètrent :

 

 

L’illusion et la réalité

 

 

Auxquels s’ajoute une forme de magnificence, cette forme de fonctionnement propre au monde de l’enfance, accordant une valeur surréaliste aux ambiances magiques. Et pour nous cette envie d’y croire, car nous touchons souvent, non pas la réalité des vécus en nous, mais la plupart du temps l’idée ou l’illusion d’avoir vécu ces moments de bonheur ainsi activés.

 

 

  • Une illusion de PMDP est activée
  • Un déni du réel par l’oubli des vérités
  • Une magnificence
  • Une réalité mémorisée une réelle PMDP

 

 

Cette isométrie est plus ou moins constante, à savoir une mémoire réactivée par ces poches matricielles de plaisir en action, ou l’illusion de cette mémoire, l’illusion d’avoir vécu quelque chose de beau. L’illusion qu’il y ait pu avoir quelque chose de beau de vécu, de partager, d’inscrit en nous, que l’occasion de ces fêtes interpelle.

 

 

Cela signifie que nous y croyons à ces poches en nous, mais en réalité c’est la plupart du temps à une idée de bonheur que nous croyons, plus à une idée de bonheur qu’à la réalité d’un bonheur vécu.

 

 

Pourquoi cela se produit-il à Noël ? Parce que ce sont les rêveries les plus intimes qui sont en action, et ces rêveries nous ont fait du bien, mais le bonheur vécu est bien souvent celui du rêve et non celui du réel. 

 

 

Un bonheur pensé, imaginé, mais pas nécessairement un bonheur réellement vécu.

 

 

Alors pour l’adulte lorsque le sacré active ce qu’il y a de plus intime en nous, ce sacré, ce sont en réalité la plupart du temps les rêves qui sont activés et non pas le réel.

 

 

Nous gardons enfouie cette idée, ce bonheur d’y croire, à l’époque ou le père noël existait en nous, celui dans lequel les rêves, l’imaginaire et le réel se confondaient.

 

 

C’est cela la magie du père noël, celle de nous faire avaler des couleuvres, de nous faire croire en des chimères, et à chaque occasion c’est cela qui est réactivé en nous. Noel déclenche bien par le sacré, cette catégorie de la sensibilité qui est un élément dans la structure de notre conscience. S’ensuit ainsi presque malgré nous, nos sensibilités qui vont aller activer le Moi intime, nos madeleines de Proust. En réalité ces madeleines forment un maillage complexe, qui va activer ces fameuses piles en nous, c’est ainsi que différents souvenirs vont être ensemble activés par des odeurs, des couleurs, des sons. Et corollairement ces sons, odeurs, lumières réactivent des poches. D’ailleurs tout est fait pour faire appel à ces états de sensations qui vont aller activer le plus intime ne nous.

 

 

C’est vraisemblablement la seule fois où avaler des couleuvres fait réellement sens en nous !

 

 

Cette chaleur, cette matrice, ne nous est pas inconnue, car c’est la matrice la plus ultime celle d’où nous venons tous : le ventre de la terre, de la mère universelle. Mais pas la vraie, celle idéalisée en nous, unifiée à l’idée de la vie et de la nature. D’ailleurs les gravures nous rappelant ce bien être ne s’y trompent pas, nous inondant de villages entourés de neige, de ciels d’un bleu profond, puis au fond de la vallée, les petites maisons lovées, enroulées, enserrés comme ces mamans qui protègent leurs petits animaux, car nous y sommes bien lovés, cocoonés.

 

 

Noël, c’est la matrice intime idéalisée, ce monde doux, rêvé, qui a pu exister partiellement, ou totalement, mais qui est toujours sublimé en nous adulte, et d’ailleurs terriblement sublimé avec le temps qui fait son office. Nous y avons gardé les goûts des sucreries et douceurs, les fantasmes partagés des sucres d’orge, ceux-ci étaient également rêvés ou réels. Tout est rangé dans une poche qui se déclenche comme une PMDP mais en réalité avec une différence majeure, c’est que celles-ci sont plutôt inconscientes, alors qu’évoquer ces mémoires relève la plupart du temps du champ conscient. 

 

 

Cette activation d’un plaisir d’avant puissant, est à la fois consciente, volontaire et inconsciente, instinctuelle presque.

 

 

Finalement le bonhomme Noël serait-il bénéfique, saurait-il activer comme une illusion au fond de nous, et si oui quelle en serait l’intérêt ? 

 

 

Noël active le sacré qui est nous, il est intéressant de s’y attarder, et pour savoir s’il s’agit d’une mystification, je propose ce petit jeu des questions-réponses :

 

 

  • Tu as peur ? Je ne sais pas, mais je crois que je peux avoir peur,
  • Tu es heureux ? Je ne sais pas, mais je crois que je peux l’être.
  • Tu es heureux ? Pas vraiment, mais je savais ce que c’est.
  • Tu as su ou bien tu as rêvé que tu étais heureux ?
  • Comme si cela m’était arrivé et j’espère retrouver ces moments de bonheur.

 

 

En réalité, nous recherchons l’idée d’un réel jamais arrivé, mais vécu par les rêves et non par le réel. Mais finalement est-ce aussi dramatique que cela ?

 

 

Il est évident que par ces ambiances activées nous interpellons toujours l’intérêt que présente l’imaginaire, qui est cette fonction indispensable à l’esprit, et qui permet entre autres à l’enfant de se projeter par ses rêves dans un monde qui n’existe pas encore, mais qu’il va tendre à construire.

 

 

La publicité utilise parfaitement ce mécanisme d’activation de nos fantasmes les plus intimes, cela au grand bonheur des marchés d’une pub réussie, mais quels beaux exercices de maîtrise que ces langages plus ou moins subliminaires de l’imaginaire auquel cet art nous a habitués. Faire appel à notre imaginaire.

 

 

Et notre imagination fonctionne également en ce sens, comme penser la plus belle table, le plus beau cadeau, et faire plaisir. Partager ensemble, avoir trouvé ensemble ce prétexte à être bien ensemble, que cela se soit passé déjà, ou veux que l’on y tende.

 

 

Bien sûr que c’est aussi à nous que nous souhaitons faire plaisir, notre psychisme est intégralement activé dans et par sa quête, conscient et inconscient sont en pleine activation, l’intégralité de notre personne qui est ainsi activée. Cet idéal de nous à la recherche d’un bonheur rêvé.

 

 

Pourtant rien n’est gratuit

 

 

Pas au sens mercantile, ni dans le sens d’espèces sonnantes et trébuchantes, mais rien n’est effectivement gratuit, tout a un but économique nous dit la psychanalyse. La référence à ce concept est l’une des bases de la psychanalyse dans l’exercice d’observation de nos intentions. Celle-ci a toujours été attentive aux lapsus, aux actes manqués, et nous a bien révélé la façon dont nos intentions, pratiquement toujours imprégnées par le don de soi, par l’altruisme, ne sont en réalité jamais dénuée d’un but ultime, celui d’obtenir une satisfaction personnelle. Ainsi le bénévole au-delà de présenter la qualité d’être gratuit (ce qui est au moins une bonne chose), se rémunérera par la gratification que ses fausses modestie écraseront d’un revers… Mais !!

 

 

Rien n’est gratuit certes, il n’y a pas d’altruisme, il n’y a pas d’actes gratuits, mais éprouver du plaisir est bien un but louable. Je ne développerai pas ici combien savoir se créer du plaisir, pour le générer autour de nous est un but indispensable.

 

 

Nous dirons que c’est l’occasion de dépasser cela, pour emportés par cette illusion mâtinée avec la réalité, de créer :

 

 

  • L’idée d’être bien, confondue avec la réalité d’être bien.
  • L’idée d’être bien ensemble, confondue avec la réalité d’être bien ensemble

 

 

 

La célèbre publicité « J’en ai rêvé Sony l’a fait » est un marqueur de cet exercice de fabriquer du rêve pour nous vendre des produits de confort. « La rêverie est un univers en expansion, un souffle de parfums qui émane des choses grâce à un rêveur » écrit Gaston Bachelard en 1942. Cette expression tellement réaliste notamment cette allégorie du souffle de parfum, est assurément l’Imaginaire, cette capacité mentale universelle que tous les hommes possèdent indépendamment des cultures et races, et qui est profondément ancrée en eux et permet le développement narratif.

 

Alors il s’en passe des choses la douce nuit de Noël… 

 

À faire croire que les miracles existent, et qu’à cette date nos vœux s’exaucent. Aller chercher le meilleur en nous, c’est ainsi intéressant car c’est souvent l’occasion de toucher cette part d’humanité évoquée. C’est parfois du rêve, de l’illusion, de l’espoir, mais également redonner l’idée, l’envie, l’espoir que cela existe toujours en nous.

 

J’ai décliné à plusieurs reprises que seul l’homme lucide était heureux, mais n’oublions pas que le rêve anticipe ces réalités. Savoir tout en étant lucide matinée de cette part de l’intime sacré, que cet imaginaire de noël provoque est bien un cadeau.

 

Je ne parle pas bien sûr des détresses, des solitudes, des maladies, des maltraitances, de l’ensemble des épreuves de toutes natures que malheureusement nous savons exister, mais de cette partie qui active l’espoir qui est en nous.

 

Je l’ai souvent écrit que l’enfant naissait bon, et que  l’éducation le consolidait bon, ou…le détruisait !

 

Il est intéressant de matcher avec cette notion de lucidité, celle de perlaboration autogène, afin de savoir nous méfier de nous, et de savoir dans quel jeux induits et comportements nous nous trouvons :

 

  • Cette illusion d’être bien et de s’aimer.
  • Cette illusion qui fait du bien. 
  • Cette illusion d’aimer se retrouver pour croire que l’on s’aime.

 

Combien sont ceux qui viennent auprès de nous entamer une démarche psy, après ces agapes festives, certes, mais ratées. Car encore une fois ces fêtes auxquelles la personne a pu une nouvelle fois croire, ont été à nouveau une catastrophe. L’illusion d’être bien ensemble, de croire que l’on s’aime, cela n’a pas fonctionné ! Car si cela n’avait pas réellement fonctionné auparavant, rares sont les occasions réelles de créer ces bien-être. Et ainsi il n’y a pas de retrouvailles, car il n’a jamais existé de trouvailles.

 

Rares sont les raisons de rattraper, de créer ce qui n’a jamais existé auparavant

 

La perlaboration autogène permet deux choses : 

 

  • Savoir s’observer avec le mieux de lucidité.
  • Savoir apprécier comment je suis, là en ce moment : calé ou décalé. 

 

Nous pouvons en distinguer trois aspects : réalité, mensonge, ou illusion. Nous observons combien s’identifie souvent ce désir d’être bien ensemble, alors que parfois chacun s’oblige dans ces moments à faire semblant, se donnant, et donnant aux autres cette illusion de bien-aisance.

 

Cet article permet de développer très succinctement la façon dont notre vie quotidienne est nourrie de ces apparents contradictoires :

 

  • Être lucide pour être sincère avec soi-même.
  • Être lucide pour cette capacité à évaluer l’autre.
  • Être lucide pour évaluer ces échanges humains qui sont une économie de marché.

 

 

Nous comprenons ainsi le rôle des perlaborations autogènes et endogènes, car seules ces évaluations permettent d’optimiser les comportements les mieux adaptés. Un article sera consacré à cette subtile alchimie qui peut prêter à confusion, certains confondant volontiers cette lucidité primordiale avec soi-même, avec une forme d’hypocrisie, alors qu’il s’agit du strict opposé de cette attitude. 

 

 

Le père noël active donc ce qu’il y a de plus sacré en nous, car il touche nos rêves du bonheur, ces illusions, mais il active également des prises de consciences involontaires. Car à l’occasion de ces fêtes, certaines personnes qui pensaient avoir eu une enfance décemment heureuse, se trouvent placées parfois fort brutalement face au miroir de leur réelle histoire. Ainsi les réalités leurs apparaissent, dures à accepter et finalement certains dans ces contextes ne peuvent continuer à échapper au réel, et constatent combien leurs enfances, non seulement n’ont pas été heureuses, mais plutôt pitoyables.

 

 

C’est bien la raison pour laquelle de nombreuses personnes souhaitent croire que cela s’est bien passé, quitte à se mentir, cette isométrie de confondre volontairement illusion et réalité, est fréquente, certains même se recréant une histoire, pratiquement de bonne foi.

 

 

C’est l’adéquation bien classique du principe de plaisir confronté au principe de réalité. Car bien souvent la confrontation avec le réel est rude.

 

 

Mais nous avons besoin de croire, car ces illusions organisent également les utopies, et les utopies ne sont pas que des négativismes, elles peuvent se transformer en rêves, puis devenir des projets pour réalité.

 

La magie de Noël, n’est pas obligatoirement une image de mièvrerie.

 

 

Être lucide tout en sachant ce qui se joue, comme ce marchandising, ces hypocrisies que les autres peuvent nous jouer, se jouer même, et que bien souvent ils ne le voient même pas. Mais s’accorder surtout avec le droit de rêver, à travers ce même intérêt collectif, partager avec l’autre.

 

 

C’est le très rare moment de ce partage, un semblant de bonheur collectif, qui nous permet de retrouver cette conviction que l’homme est bon. Retrouver ainsi cette part d’humanité et de fraternité refoulée.

 

 

Cette magie nous permet de retrouver le coté enfantin au fond de nous. Ce que les modes psys actuelles nomment « l’enfant en nous », et que nous appelons plus justement le Moi intime en P.A.R. L’enfant qui nous redonne cette humanité trop souvent perdue

 

 

Finalement notre lucidité ne serait-ce d’y croire à ces images d’Épinal ?

 

 

La lucidité c’est de croire avec cette conscience, que c’est l’enfant sacré par ce mythe qui active le meilleur qui est en nous. Voir les yeux écarquillés des enfants devant les vitrines, savoir que ce sont peut-être nos rêves bien sûr, mais l’espoir réactive cela 

 

 

Trêve des confiseurs c’est comme un pèlerinage au fond du bon en nous, ce n’est pas que mercantile. Faire du bon, et nous surprendre dans cette attitude, avec plaisir et gourmandise, de notre duplicité à y croire et à jouer le jeu.

 

Cette idée de père noël permet de réactiver le meilleur en nous.

 

Malheureusement l’évocation de ces fêtes peut être parfois douloureuse. Car pour ces personnes, principalement celles qui ont pu prendre conscience de la réalité de leur enfance douloureuse ou complexe, il est quasiment impossible d’être dans le déni de cela, que tout le contexte ambiant va réactiver. Ainsi tous les supports évocateurs leur seront nocifs. Ainsi confrontés à ces exigences de liesses collectives, malgré leurs efforts, réactiver ces mémoires est pour elles, saumâtre.

 

 

Malheureusement d’autres également ont subi des enfances douloureuses, mais seront dans le déni, et encore plus que d’autres à la recherche de ce monde perdu, se baignant dans des illusions. Toujours à la recherche de ce monde d’enfance, mais qui cette fois-ci n’a jamais existé, de parents aimants, d’une fratrie solidaire qui eux non plus n’ont jamais été présents. Nous voyons combien l’illusion présente ainsi une projection qui veut modifier la réalité par la fonctionnalité de l’imaginaire.

 

 

Tenter de croire à cette idée du sacré réactivé en nous, pourrait faire penser à une idée de religiosité, car quelques acrimonieux y voient obstinément l’expression d’une fête religieuse, élevée au temple du consumérisme. Mais au-delà de ces grincheux pathologiques, le but de la vie est assurément de savoir tutoyer la notion de plaisir dont nombreux sont privés, et ces périodes sont propices à savoir organiser et profiter de cela, bien que conscient qu’il puisse s’agir d’un exercice apocryphe.

 

 

La perlaboration autogène, utilisée à cet escient nous permet d’évaluer cette posture, revendication affirmée de participer à cet espace festif nécessaire, beaucoup plus affinée et avisée, qu’on ne le pense et qui donne sens à la vie. L’expression de notre libre arbitre, à savoir : comment consommer ces fêtes, passera bien par le concept de perlaboration autogène, cet outil de la P.A.R qui permet cette exégèse de soi-même à tout moment. 

 

 

La vie est remplie de ces paradoxes qui peuvent apparaître comme des contradictions, mais la lucidité permet par l’exercice du libre arbitre, d’effectuer ces observations pour savoir ce qui relève du bon sens. Mais depuis peu, le bon sens apparaît comme étant une injure, comme une offense par ces milieux de grincheux faussement intellectuels d’idées construites sur des à priori de tout. Et nous l’observons noël est pour eux un excellent exercice de ces dictats 

 

C’est pratiquer cette démarche qui permettra in situ d’accepter apprécier, car il n’y a pas de mal à se faire du bien, mais pas à n’importe quel prix !

 

Noël l’avenir d’une illusion ?

 

Plutôt la nécessité de cultiver un mythe, afin de s’approprier ces moments qui sont rares lorsqu’ils sont collectifs.

 

Noël devrait être également le temps de l’indulgence. Cette attitude à ne pas confondre avec celle d’empathie ou de compassion. Et ne pas pouvoir être indulgent exprime souvent une incapacité qui est le fruit d’une souffrance. Celle-ci est généralement le produit d’intolérances de cette société normative et réactionnelle dans laquelle les minorités nous interdisent à peu près tout et n’importe quoi, empêchant ainsi l’exercice du libre arbitre, en conséquence celui de la tolérance et de fait également celui de pratiquer l’art de l’indulgence. 

 

Le père noël reste cet espace de rêverie collective qui ne nous est pas encore interdit, mais jusqu’à quel nouvel ordre mondial 

 

Savoir profiter de ces rares moments d’une douceur artificiellement et socialement créée, pour se retrouver, retrouver ce Moi intime, retrouver le bon en nous, et trouver ces moments de partage. Savoir dépasser ces à priori de façade.

 

Au-delà du mercantilisme on peut donc se nourrir des vitrines, des marchés de noël qui nous restituent cette magie collective de noël.

 

Savoir penser à la belle nappe, pour le repas que l’on projette de cuisiner, aller au marché dans les magasins trouver les produits qui feront plaisir, retrouver les sucres d’orge d’antan. C’est penser à l’autre.

 

Aller farfouiller les étals avec un frère, une sœur, c’est penser à l’autre.

Aller dénicher le truc incertain au fin fond d’une échoppe comme cadeau, c’est penser à l’autre.

Échanger des recettes improbables c’est penser à l’autre.

Échanger des bons plans, des bonnes adresses avec tout cela c’est également penser faire plaisir à l’autre.

 

Nous courons tous après nos rêves et Noël c’est bien cette quête ultime, comme un Graal, en nous et au-delà, un des rares moments de partage et de délire d’amour.

 

Aussi autorisons-nous à nous allonger, fermer les yeux et invoquer les secrets de ces immenses forêts glacées, pour sentir leurs cerfs et biches sous les branches gelées. Tandis que la terre commence à sombrer elle aussi dans le sommeil, les flocons comme du duvet inspirent le ciel d’un bleu azur profond ….

 

Alors Noël est encore un des derniers grands mythes collectifs occidentaux qui nous reste, aussi allons cueillir des branches de houx et une fleur d’ellébore, dont nous guetterons l’éclosion et qui ornera, le soir venu, la table familiale.

 

 

 

Lien sur mon dernier livre : Une nouvelle psychanalyse la PAR :

https://www.psychanalyse-rivalin.fr/une-nouvelle-psychanalyse-la-par/

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