L’identité

Posté le 28 septembre 2020


 

 

L’identité

 

 

  Cet autre que je suis, et que je connais si peu ou si bien… Moi !

 

                          

  Ou une autre façon de raisonner l’identité.

                 

Cet article, comme la plupart de ceux présentés sur ce blog, est une prémisse pour un développement plus approfondi ultérieurement.

 

Je vais le traiter ici dans une généralité dont une partie sera reprise dans un prochain article : « l’habit fait bien le moine », mais qui sera repris également dans un développement, car il s’agit d’une partie très active que traite la PAR qui est celle de l’émergence du Moi intime.

 

 

L’identité, c’est un sujet, un thème qui revient fréquemment ; comme la pièce d’identité, l’identité culturelle, l’identité religieuse, la crise de l’identité, l’identité nationale, une identité remarquable en mathématique et tant d’autres. Comment la préciser autrement que de dire que c’est un sujet de réflexion qui pour nous sera principalement axé autour de la psychologie sociale et surtout de l’approche que la thérapie PAR autorise.

 

Mais pour préluder nous pourrions resserrer en formulant qu’il s’agit de la reconnaissance de ce qu’est l’individu, par lui-même et par les autres.

 

Il s’agit donc ici de traiter de l’identité dans ce qui relève de la personnalité, sachant que ce qui relève de l’ensemble de la personne je l’ai esquissé dans un article précédent intitulé : « L’habit fait le moine ». Dans celui-ci j’explique combien nous ne pouvons pas échapper à ce que nous montrons que cela soit apparences ou ce que nous pensons être des réalités. Les deux approches se complètent.

 

C’est aussi et surtout une notion, un concept qui se trouvent au carrefour de différentes disciplines comme la philosophie, la géographie, la biologie, et l’histoire qui en parle aussi lorsqu’elle évoque l’identité des peuples notamment.

 

Tout s’y réfère de fait, la notion des espèces biologiques que j’évoque dans mon dernier ouvrage à travers les matrices de croissance de Ferenczi. Les appartenances culturelles communautaires n’y échappent pas non plus.

 

L’identité perçue par l’individu est souvent comme une sorte de sentiment d’harmonie, mais c’est toujours un sentiment subjectif de continuité temporelle. Nous le verrons la notion de temporalité, relativise l’absolue de la perception définissant un état.

 

L’identité est relative, précaire, instable, mais elle est perçue individuellement, collectivement et socialement. Et surtout elle est temporelle, dans le sens ou l’identité c’est donc tout simplement ce que je suis, celui-là, ici maintenant qui est présent. Mais qu’en est-il de lui avant, et de celui qu’il sera dans quelques minutes ?

 

Cela je le préciserai également nous ne pouvons dissocier l’identité de cet ensemble que je suis. Ce faux débat de l’inné et de l’acquis car nous sommes nous, par notre apparence dans sa globalité et à laquelle nous ne pouvons échapper. Car l’enfant s’est construit dans ses déterminismes psychiques à travers un biotype qui est le sien, et qu’il a pu ou non s’approprier. Ainsi l’individu ne pourra jamais faire fi de cette réalité physique qu’est son biotype et nous verrons dans d’autres articles ce qu’il en est de ces appropriations possibles.

 

L’identité est personnelle, bien que cela soit beaucoup plus complexe à, définir car celle-ci est souvent confondue dans des groupes d’appartenances, sociales, ethniques, politiques, religieuses. Cette appartenance assez souvent nous échappe et notamment les organismes de sondage par exemple intègrent cette notion d’identité, sans bien évidemment notre assentiment et même notre connaissance d’appartenir à telle ou telle catégorie.

 

Pour en avoir une représentation plus synthétique nous pouvons l’appréhender de cette façon :

 

L’identité :

 

  • C’est le caractère de ce qui est identique ou de ce qui est confondu.

 

  • C’est en mathématiques le constat qu’une similitude, un constat que deux objets deux membres, sont les mêmes systématiquement quelques soit leurs valeurs prises par les différents paramètres de l’équation.

 

  • C’est souvent considéré aussi par extension comme un synonyme des concepts d’égalité, d’équivalence.

 

  • C’est par renforcement de la notion d’équivalence le fait de définir qu’un être vivant est le même qu’un autre.

 

  • C’est aussi la possibilité de regrouper plusieurs choses ou être vivants sous un même concept, ou une même idée. L’identité nationale en est un bon exemple.

 

  • C’est la possibilité de différencier avec le moins de confusion une chose, un animal, une personne entre et parmi d’autres (carte d’identité, photo d’identité). A ce propos chaque catégorie de classification aura ses exigences et spécifités de différentiation qui échapperont souvent de fait à l’individu concerné.

 

  • C’est donc généralement une accumulation qui socialement permet de déterminer l’identité comme : le nom, le prénom, la filiation, la date, le lieu de naissance, les empreintes digitales, les photographies, et plus récemment les empreintes génétiques.

 

Bien qu’en psychologie il est admis de définir l’identité comme la conscience que l’on a de soi-même, dans le sens ou cela permet à l’individu de se percevoir dans ce qu’il a d’unique de définir son individualité, celle-ci est et sera toujours subjective, et liée à la temporalité.

 

 

  • Subjective dans le sens où elle englobe des notions diverses comme la représentation de Soi et la conscience de Soi. Cela est en psychologie admit assez communément comme une appréhension cognitive de et du Soi.

 

  • Temporelle, car celui que je suis, prétend ou pense être n’est, n’existe qu’à un instant donné. Celui d’avant ou celui d’après n’est pas le même. Il est important de définir cela pour montrer, que notamment tous les tests, bilans de toutes sortes, ne définissent qu’une valeur très relative, de ce que nous sommes, voire parfois complétement faussée. L’individu étant constamment en évolution pétri de tout ce dont l’exotype le nourrit, et de ce que son biotype dans l’état de perception dans lequel il fonctionne à l’instant T s’en accapare et le gère avec plus ou moins de bonheur. Ceci encore je le développerai, car je comprends que la compréhension n’en soit pas immédiate.

 

Bref l’individu, est un comme chantier opératif et spéculatif, et mon article a pour prétention l’humilité, face à cette question importante de l’identité. La définir comme le font certains à vastes coups de sabre est un leurre, ainsi tous les tests de personnalité ou autre, principalement proposés dans des magazines ou sur internet, sont pour la plupart à considérer comme des amusements de plage.

Mais nous allons voir que surtout ce que l’on voit …C’est bien moi, car :

 

 

L’habit fait bien le Moine !

 

 

Il s’agit d’un sujet que j’ai déjà évoqué, mais que je vais développer dans une autre étude qui viendra en extension de celle-ci.

 

Mais il faut bien se raccrocher à quelque chose, cela sécurise, même si la plupart du temps, au mieux cela ne peut être qu’un vague repère. Donc ces magazines proposants cela ont encore un bel avenir, plein d’argent garanti ! Car l’homme a besoin de repères pour savoir à titre personnel quelles sont ses caractéristiques. Il va de soi que les résultats de ces tests nous sont toujours favorables, car sinon comment continuer à vendre !

 

La psychanalyse est à l’opposé de tout cela car elle s’inscrit dans l’unicité de l’être dans la réversibilité du psychisme tel que le décrit la PAR, et dans l’atemporalité du psychisme, et cela avec neutralité pour garantir le maximum d’objectivité opératoire.

 

C’est par la carte d’identité ce « non-échappatoire social », qui comme l’indique mon article : « l’habit fait le moine », nous appartient et nous échappe en même temps. Elle est précise, nationalité française, yeux noirs, taille …etc. et surtout relative, puisqu’elle intègre de fait cette temporalité.

 

Au final qu’est-elle vraiment si elle nous appartient, et aussi aux autres ?

 

Il y a donc plusieurs sortes d’identité, une sociale, et l’autre personnelle, relevant plus de l’intime, c’est celle-là qui nous intéresse car elle montre qui nous pensons être. Il est donc intéressant de voir comment celle-ci s’organise et se structure.

 

Néanmoins il est possible de sérier au mieux cette fantasmatique idée de l’être. Du qui suis-je. Car nous sommes fondamentalement définis par ce que nous accomplissons. Et cet état peut être palpable, dans le cadre d’un socle qui malgré tout peut être mieux explicité.

 

 

Mais ce qui m’intéresse ici c’est de montrer comment la PAR considère et traite de cette notion.

 

 

Considérons la façon dont la PAR traite cette notion d’identité

 

La Psychanalyse en définit des éléments qui peuvent en complexifier la perception, mais qui surtout l’explicite, comme succinctement cet article veut le traiter. Elle s’inscrit dans cette notion de constance dialectique, ce qui signifie un changement dans la pérennité. Cela se transcrit dans une dynamique permanente d’aménagement des divergences et concordances entre les oppositions. Cette perception, définie comme l’ipséité, est un cheminement constant que nous allons retrouver à travers les matrices de croissance de Ferenczi, entre autres, dans lesquelles cela correspond au stade d’adaptation.

 

Nous pouvons considérer à travers les concepts et la pratique de la PAR l’identité comme une construction qui est caractérisée par les rapports entre les différentes instances que les deux topiques freudiennes proposent, mais plus particulièrement la seconde lorsqu’elle parle des rapports et conflits entre le Moi, le Ça, et le Surmoi.

 

J’ai développé et précisé que le but dans la démarche est d’aller au-delà de ces trois instances, tant le Moi freudien d’avant avait été galvaudé et vraisemblablement détourné de son sens initial. Il est important et c’est une phrase « C’est Moi le patron » que j’utilise constamment avec les analysants qui me permettra dans ce rapide article d’en esquisser une réflexion.

 

Le Moi freudien laisse à supposer que la finalité d’une démarche serait uniquement de prendre les rênes au mieux de la préservation de notre appareil psychique, et finalement d’en convenir que cela est déjà bien suffisant, à vrai dire si la plupart de démarches y parvenaient cela serait déjà effectivement véritablement satisfaisant.

 

Mais dans cette prétention à ce que le Moi soit le patron, cela va bien au-delà des clichés et images, à savoir qu’il existe surtout et aussi ce « Moi intime » que nous avons toujours croisé, fréquenté peu ou prou, et que d’aucuns cofondent avec ce qui est nommé des traits de caractères qui seraient eux même quasiment innés.

 

Cette partie de nous enfouie est bien le but de la thérapie en PAR non seulement de débarrasser l’appareil psychique de ses névroses, de permettre au Moi de prendre les commandes, plus soumis aux dictats des coercitions éducatives ou des pulsions, mais de révéler ce Moi intime qui sera bien là, et deviendra de moins en moins tapis, c’est celui qui s’est construit dans les PMDP.

 

Et nous le verrons dans d’autres articles la finalité est de percevoir cette instance, la révéler pour qu’elle prenne sa place que trop souvent telle n’a jamais pu obtenir ;

 

 

La vraie identité est là, le Moi intime :

 

 

Toujours su, mais pratiquement jamais réellement connu !

 

Pour en revenir à une présentation plus commune nous pouvons observer que pour de nombreuses personnes cette notion d’identité apparaît dès le concept de socialisation de l’individualité grâce à un processus d’intériorisation des représentations sociales qu’il s’est créé, notamment par la maturation de son langage et de ses représentatifs.

 

Nous allons voir que la notion d’identité du point de vue Psychanalytique a un marqueur, et que celle-ci permet par un champ de nuances qu’elle propose avec son diachronisme dans les lectures que le conscient et l’inconscient proposent, une multitude de lectures, ce qui va à la fois en simplifier et complexifier la nature de l’étude.

 

Là aussi, je proposerai des développements, mais il est utile de rappeler que la psychanalyse apporte à la philosophie, entre autres une autre dimension, une lecture plus spatiale, car nous raisonnons constamment ; le psychisme, donc l’être, la pensée, sous le primat constant des deux pôles conscients et inconscients.

 

L’individu est constamment les deux en même temps et pour rappel, n’en déplaise à certains la pensée pure n’existe et ne pourra jamais exister, elle est constamment matinée par l’inconscient. Et comme je l’explique dans mon ouvrage, l’inconscient n’est pas une pensée mais un état. Que d’ailleurs beaucoup confondent en attribuant à ce qui semble être de la pensée ce que nous pouvons nommer être de la déraison.

 

 

Ainsi émettre une pensée n’est pas automatiquement assujetti à libérer de la raison !

 

Il est intéressant d’appréhender quelques auteurs pour observer comment cette construction de l’identité apparaît en Psychanalyse ainsi que les notions associées : le concept des stades freudien, ou celle des matrices de croissance ferencziennes, en sont représentatives, et nous pouvons même dire qu’une certaine lecture de  Jung fait apparaitre l’identité telle qu’il peut la définir au moment où se construit la Persona.

 

                      Comment aussi ne pas parler du stade du miroir !

 

Le premier à l’évoquer a été Henri Wallon, puis Winnicott, Lacan, et Dolto qui est un disciple de Lacan, et qui en émettra quelques écarts de formes. Ces auteurs l’introduisent dans la sphère psychanalytique, mais sur le fond conceptuel il n’y a guère de différence avec le stade phallique freudien. Ils essayent de préciser simplement plus en apportant et complétant l’approche freudienne, comment la conscience de Soi se précise et fonctionne.

 

Lacan considère ce stade comme formateur de la fonction du « Je » ce stade est le stade phallique qui se situe entre 6 et 18 mois. Ce stade se superpose aux deux autres précédents, oral et anal. Mais Lacan en précise que cela ne peut se faire sans la présence de l’autre. D’ailleurs c’est intéressant de retrouver l’importance et la place de l’autre qui est là, c’est d’ailleurs l’espace dévolu au Psychanalyste au cours de la cure analytique, rendant ainsi caduque tout ce qui peut être sous tendu par les notions d’auto-analyse, vaste illusion que les garçons d’ailleurs aiment bien utiliser !

 

Mélanie Klein l’évoque plus par la nécessité du regard de l’autre pour se reconnaître. Elle a pu l’observer, plus à travers des traumatismes auprès de jeunes enfants.

 

 

Ce Moi intime est cosmologique.

 

 

La notion d’identité doit être remise dans sa notion de temporalité, pour la comprendre et raisonner. J’ai développé et précisé le concept d’un psychisme archaïque dont le fonctionnement était comme cosmologique, dans mon ouvrage « une nouvelle psychanalyse, » car pour nous il est établit de façon clinique que l’individu, notamment dans le cadre itératif de la PAR, accède à des mémoires véritablement archaïques, notamment intra-utérine. Ces mémoires sont connotées en agrément er désagrément, preuves irréfutables que l’individu possède in utero un système de sensation et de perception hiérarchisable en agrément/désagrément.

 

La notion de miroir que ce soit de stade ou autre appartient depuis des lustres au langage psy, je préciserai également dans d’autre articles la fonction miroir qui est très fréquemment rencontrée dans le cadre de la PAR.

 

 

 

Lien sur mon dernier livre : Une nouvelle psychanalyse la PAR :

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