L’automobile comme objet de haine ou de passion !

Posté le 16 août 2017

L’automobile comme objet de haine ou de passion !

 

Quam operor vos amo currus ?

 

  J’en conviens cela fait un peu emphatique voire ampoulé que d’utiliser une forme latine pour parler de nos chères automobiles, mais vous allez voir que cela n’est pas aussi disconvenable que l’on pourrait l’imaginer.

  J’en profite aussi  pour rappeler que cet article s’intègre dans une quarantaine d’autres sur ce blog, et qu’il sera le support à d’autres réflexions articulées dans des parutions plus longues.

  La voiture qui est fondamentalement un objet de transport privé, à l’instar d’autres comme la bicyclette, est un symbole qui représente la liberté , l’appartenance, l’autonomie, le statut social, la puissance, la virilité la distinction, la réussite sociale et tant d’autre que je n’aurai le temps ici d’évoquer.

  Le but de cette rubrique comme l’ensemble de ceux présentés ici est de montrer l’intercommunicabilité entre la psychanalyse et tous les domaines de notre vie quotidienne.

  En choisissant ce sujet estival, j’en conviens, car à cette époque l’automobile nous apporte son lot de clichés propices à toutes les rêveries, j’ai bien conscience qu’il s’agit d’un très vaste sujet qui touche à de très nombreux domaines.

  Immédiatement apparaît la représentation objectale complexe de l’automobile qui est assurément double voire multiple. Cette difficulté apparaît dans le fait qu’il s’agit d’un objet éminemment fonctionnel mais aussi chargé de nombreuses représentations symboliques, et  que celui-ci  soit porteur d’un imaginaire qui est devenu rapidement ambigu.

  L’homme a toujours eu de cesse que de trouver dés l’aube de son histoire des moyens pour se transporter ; au plus rapide, plus économique, lui et ce dont il avait besoin. Nos amis les équidés et bovins en sont dans nos contrées occidentales les premières oriflammes.

  Sans en faire un exposé historique, il est nécessaire de noter que le nom d’usage « automobile » est adopté par l’académie en 1901, en lui conférant d’ailleurs le genre féminin, désignant des engins mobiles mus essentiellement par une force extérieur, en particulier les chevaux. D’ailleurs ce néologisme aurait pu être du grec « autokiné » ou du latin « ipsomobile » on adopta un préfixe grec et un adjectif latin ainsi naquit l’automobile baptisée mascline par l’assemblée, mais l’usage la rendit très vite féminine.

  D’ailleurs il est intéressant de constater que celle-ci n’a pas le même sexe en fonction des différentes langues et de leurs usages, féminine en Italie, masculine pour les espagnols, neutre pour les allemands avec le fameux « dass », les anglais et américains ne se prononcent pas trop « a car » quant aux suédois ils optent avec  leur possibilité de quatre genre, pour celui du réel  « bil » en suédois. Nous voyons combien, cela va en plus complexifier l’approche des créatifs quant aux messages commerciaux plus ou moins subliminaux à construire pour alimenter cet imaginaire complexe.

  L’automobile a eu un sexe variable au départ, et il y a bien eu hésitations. Cette complexe ambiguïté de la dotation initiale n’est pas neutre et cela montre bien la pluralité de charges symboliques.

  Mais pour complexifier cela ne dit-on pas : Un taxi, un tacot, un tas de ferraille, et puis parlant et décrivant le même objet cela devient masculin, un bus, un autocar, un camion, l’objet est les deux genres !

  L’autre particularité de l’automobile, c’est qu’elle ne s’est pas contentée de changer notre monde et notre vie quotidienne par l’usage quelle nous a apportée, elle a aussi nourri et développé profondément notre imaginaire et donc bien sûr notre inconscient.

  D’ailleurs il serait intéressant de déterminer ce qui apparait le premier ! L’imaginaire est il le produit de l’inconscient ? Ou celui ci est il la braise qui le nourri ? Nous évoquerons cela dans d’autres articles, car il a une progédience dans la réponse.

  Son  apparition dans l’histoire des civilisations semble remonter d’après les premières observations à une sorte de petit jouet fabriqué par F Verbiest vers 1668, espèce de manège constitué d’une bouilloire mouvante un chariot à petites roues.

  En France nous aimons bien nous positionner comme étant des créateurs et référents de toutes sortes, aussi attribuons la paternité de la première voiture moderne dans le sens d’une autonomie et d’un suffisance énergétique à l’ingénieur militaire Cugnot et son fameux fardier à vapeur, qui porte son nom, engin militaire inspiré des travaux d’autres ingénieurs. Clin d’oeil au passage à MNC Cugnot. Faisant entrer l’automobile dans l’ère de la vapeur avec le développement que nous connaissons grâce aux chemin de fer et autres machines outils importantes comme les presses et autres.

  Ma volonté a toujours été de positionner la Psychanalyse par sa réflexion, ses apports dans le champ de nos normalité et habitudes, aussi comment imaginer qu’un sujet aussi passionnant et proche de nous puisse y échapper ! Bien au contraire celle ci va expliquer comment et combien sous le vocable d’automobile se cachent en réalité différentes significations et  pratiques.

  Ainsi au delà de sa simple fonction utilitaire elle révèle , ou le pense t-on le statut social de son propriétaire, car elle entre dans les attributs du dicton que j’ai repris dans un article précédent « l’habit fait le moine », ainsi le choix de cet objet pourra avoir plusieurs strates de lectures interprétatives qui comme la plupart du temps échapperont à son propriétaire qui peut en être dépassé, entre l’intention d’être comme une épure une simple réduction à l’utilité du transport, ce à qui  les constructeurs ont déjà répondu par des modèles lowcost et à celui qui voudra exprimer sa richesse, sa puissance comme « à moi on ne le fait pas » , et au séducteur que, de posséder cet objet et la lecture qu’il pense  en sera faite.

 

Représentativité et socialisation du permis de conduire.  Fameux rite de passage !

 

  De façon incontournable la voiture est devenue une marque d’intégration sociale, de fait avoir une voiture c’est être perçu socialement. D’ailleurs le permis de conduire en lui même n’est-il pas un rituel de passage, comme un rite qui fait passer irrémédiablement du statut de dépendant à celui d’autonome, comme le prolongement de rites initiatiques qui se pratiquaient dans les temps anciens.

  Et le permis de conduire de conduite pourrait on même mieux dire, est de façon psychanalytique le permis de se conduire ! Combien ceux et celles qui ne veulent s’y affronter, utilisant différents prétextes,  « C’est inutile cela ne sert à rien » par exemple, mais de toute façon ce rituel est quasiment obligatoire de nos jours, pour se déplacer bien sûr, mais aussi pour postuler à différents emplois, et s’intégrer dans une société qui l’oblige de plus en plus.

  Mais ne nous y trompons pas ceux et celles qui sont confrontés à de nombreux échecs face à cet examen incontournable de notre vie moderne sont pratiquement confrontés à des problèmes psychologiques qui grosso modo sont « Ai-je le droit de me conduire », bref qui rémanent à la notion d’autonomie, suis-je autonome ? Et nous le voyons dans le cas de nombreuses cliniques psychanalytiques les résistances sont parfois incontournables tant qu’une psychanalyse notamment n’a pas permis de dépasser cet écueil.

  L’automobile pour être maitrisée a donc besoin d’un apprentissage dont le final est l’obtention de ce permis, mais les « esprits faibles » (Vaste sujet que je développerai sur les déclinaisons pittoresques que la psychopathologie peut donner) sont cautionnés dans leur violence, leur pathologie même, celle ci peut être même agressive et devenir comme un arme. Certains parlent de belle, de bonne agressivité, je pense aux commerciaux, et à surtout ceux qui forment les commerciaux, vantant l’agressivité comme étant une arme « du rentre dedans », cela je vais l’évoquer plus loin. Cette belle agressivité, transforme notre automobile aux mains de certains illuminés en véritable arme.

 

              Un espace de liberté assurément mais à savoir contrôler.

 

  Agressivité : consciente ou inconsciente, il serait trop long d’évaluer cela, mais elle est présente et dans tous les cas dangereuse dans le cadre d’une utilisation incontrôlée.

  Que ce soit un mode d’expression libéré incontrôlé, « l’ego des faibles » est valorisé de façon outrancière, et se pensant investi d’une toute puissance que les attributs des chevaux autorisent, perdent tout contrôle en se lançant dans de folles poursuites, courses ou autre.

  Et puis l’alcool et toutes les substances qui font du conducteur un véritable tueur potentiel. Alors l’agressivité positive chère à certains commerciaux, est un sujet à manipuler avec forces précautions.

  De façon générale et très rapidement un objet est l’expression comme la plupart des activités manufacturées, de l’époque à laquelle il est conçu ou utilisé et nous allons voir deux approches qui illustrent bien notre intérêt.

  Comme nul autre objet celui-ci a envahi notre vie quotidienne quasiment comme un prolongement naturel de notre identité, certains s’identifient à elle, la nomme, la personnifie, sans parler des différentes modes dont le tunning par exemple peu faire partie.

  Cette extension de nous va perturber toute forme de raisonnement lucide par rapport à elle. Car à la différence d’autres produits manufacturés, et quoi de mieux représentatif qu’une construction immobilière qui elle aussi peut nous représenter au plus haut point, l’automobile par tous les secteurs de notre vie au plus intime du quotidien, touche à de nombreuses fonctions.

  Nous manquons manifestement de distance avec elle. Je propose une réflexion qui n’en sera qu’un survol tant ses domaines d’expression de fonctionnalité nous submerge au quotidien. Approche qui ne pourra qu’en dresser qu’une esquisse, un peu comme un inventaire qui sera malheureusement incomplet, mais je le rappelle le but de ce blog est de proposer des liens  « évidents », de notre quotidien, par des questions de natures simples et des objets usuels et montrer que la fonctionnalité neutre que l’on peut y attribuer est plus complexe, avec les approches qui sont le propre de la psychanalyse.

  Concernant notre automobile jusqu’au années 50, pratiquement toutes les grandes innovations techniques technologiques sont mieux abouties permettant l’évolution au niveau stylistique. Et  dés les années soixante trois grands courants s’expriment, l’opulence des américaines, la performance des italiennes et le luxe et volupté des anglaises.

  L’automobile sera en permanence confrontée à un problème symbolique majeur, voire même anthropologique par sa typicité. Elle a été  la représentation et l’expression des trente glorieuses, (Qui se caractérisent par une forte croissance, le plein emploi, l’accroissement du pouvoir d’achat, et l’essor de la consommation de masse.) et ce à tous les niveaux, tous les continents toutes les catégories sociales. Paroxysme du mythe, elle déclenchait déjà profondément, toutes les passions et haines, je pense que l’on peut en situer les origines à cette époque, dont elle ne s’est jamais départie, voire même qui se sont cristallisées. Celle-ci est devenue un problème sociologique majeur.

  L’objet automobile entre profondément en résonance avec les valeurs qui infusent la société. Il en est même devenu un élément majeur tant il est représentatif de l’individu et de la société dans laquelle il évolue. Au delà d’une adaptation liée aux terrains, fonctions, qui lui sont attribuées comme le  climat ou autre  l’automobile s’est imposée très vite bien plus qu’un simple gadget au départ puis comme moyen de transport incontournable.

  Nous en retrouvons toute l’expression notamment lors de ces fameuses  trente glorieuses : « Insouciance, Liberté, Légèreté, Espoir ». Durant laquelle l’automobile incarnait les valeurs qui infusaient la société. Les voitures étaient plaisir comme l’homme occidental qui après les deux guerres voulait vivre pleinement sa vie. Les voitures en étaient ainsi l’expression !

  Je vais dans cet exposé, qui à lui seul mérite comme tant d’autres sujets un développement dialectique plus complet, être amené à dresser dans un premier temps un état de ce que la fonction automobile peut représenter et cristalliser tant dans sa fonctionnalité que dans ses représentations liées à l’imaginaire. Aussi certains pourront être frustrés de manque de développements, mais le format d’un article oblige malheureusement.

  Les bureaux de style s’affrontent chacun ayant l’expression de son époque et surtout de son environnement. Des styles émergents, que la technique autorise permettant par exemple l’avancée des capots plongeants. Les voitures sont fines légères on parle de CX, beauté des lignes ! Pour illustrer nous pouvons dire les belles Américaines, les chics anglaises, les voitures des années 60 étaient dans leurs exagérations des modèles d’expression très singuliers qui avaient le mérite d’éviter la standardisation dans laquelle nous évoluons.

  Aujourd’hui et je cite les magazines spécialisés,  nous avons affaire à des vrais char d’assauts regardez les SUV ou autres tout terrain autour desquels les marques s’affrontent. Voici quelques extraits de ce qui peut être dit du petit dernier face aux autres : (-Avec son impressionnante face avant ses ailes galbées, et sa haute ceinture de caisse le … fait très costaud – Sa bestialité assumée…- Et puis pour le…Grâce à sa calandre verticale, ses projecteurs au dessin torturé, sa haute ceinture de caisse, ce cross over ne passe pas inaperçu dans nos rues, plus cubique et massif que ses concurrents il impressionne bien plus !

  Et ainsi de suite, exit les belles anglaises, les fines et musclées italiennes, tout est maintenant affaire de masse, de baroudeur, de celui qui n’a rien à craindre.

  Representant ainsi une société qui avant tout se protège,  ainsi on se barde, on cuirasse sa famille. Est ce à dire que cette expression stylistique est une représentation de l’homme dans son environnement ? Assurément oui. Notre société est faite d’interdictions, tout est objet de plaintes, la liberté d’expression et celle de sortir s’oppose à tel point que sortir, dire, fait courir un risque.

  Dans mon article « l’habit fait bien le Moine » je développe tous les attributs qui peuvent en être une apparence et trompeur aussi, et bien l’automobile y contribue  pleinement.

 

Notre véhicule, c’est nous, notre apparence sera souvent jugée à travers elle !

 

  Car quelque soit le niveau de décryptage que nous attribuons lors du choix, au final nous avons choisi un produit qui de fait se soumet comme tout autre à l’analyse.

  Quelle est l’expression de notre époque à travers l’auto ? Assurément les années d’après guerre étaient celles d’une insouciance, une certaine indépendance. Les voitures se voulaient légères, décapotables fines, et ce parfois au détriment de la sécurité comme par exemple pas d’arceau.

  Celles d’aujourd’hui, reprenant les articles relevés dans des magazines spécialisés  sont donc beaucoup plus hautes, larges on domine la route. Cela exprime notre époque où l’individu ne se sent pas en sécurité, passons quelques vigie-pirates et autres pour bien comprendre que ce sentiment d’insécurité général se met à la portée des constructeurs automobiles comme étant une exigence, il faut que le conducteur et sa famille se sentent non seulement en sécurité mais dominant ce qui peut arriver.

  Nous sommes à une époque dans laquelle existe les survivalistes, nous ressentons nettement cette approche et développement liée a la conception des automobiles, le conducteur non seulement doit être performant il devait et devrait  d’ailleurs toujours l’être mais prévoyant de maintes attentions qui vont sécuriser sa famille. Le sentiment de dominer, de contrôler, surtout les autres.

  Non loin de moi le fait de remettre en cause l’évolution de toutes les technologies tant de sécurité active et passive que d’économie, mais je vous met au défi de circuler plus de deux jours avec une belle italienne, ou anglaise des années passées et vous me direz ce qu’il advient de vos phares, clignotants, pare-chocs, ce qu’il en reste après avoir fréquenté la circulation et les parkings.

  La publicité est toujours intéressante à étudier dans ce qu’elle a de représentatif d’une société et d’une époque.  Entre la publicité et l’automobile la relation a toujours été fusionnelle. Celle ci s’appuie notamment sur l’idée acquise que la voiture puisse nous transporter en sécurité. La communication va donc s’appuyer sur la valeur imaginaire, c’est à dire sur le fait que l’automobile serait une expression et un prolongement de la personnalité des consommateurs, et d’ailleurs que ceux-ci soient conducteurs, passagers ou simples admirateurs.

 

                  Je suis ce que je montre, regardes ma voiture !

 

  Nous nous rendons vite compte que chaque produit va de plus en plus cibler des catégories convoitées. Rarement aucun objet, n’a représenté autant de réalités objectives en tant que services reçus, que d’imaginaires totalement projectifs que de  verbes attribuées de puissance, du roi de la route.

  Cet article n’a pas pour objet de traiter de la publicité sur l’automobile aussi je conclurai cette réflexion par le fait que la pub a identifié de nouvelles catégories  qui s’ajoutent à celles traditionnelles déjà définies, comme celle du luxe, du baroudeur, des sportifs, des pratiques et utilisent, on achetait du fonctionnel pas de l’inutile, des sportives et des familiales, actuellement nous achetons un look, le notre bien sûr, une ambiance sensée nous représenter.

 

                  Elle est donc looké mais aussi hautement politique !

 

  Dans les années 80, il était de bon ton pour les gens d’une sensibilité dite de gauche d’acheter une célèbre marque russe, pour en faire profiter les camarades ». Combien d’enseignants, de soi disant intellectuels , de travailleurs sociaux se sont fait happer par cela sans aucun recul de la mode à laquelle il ne pouvaient échapper, tous fiers de leurs principes nouvellement acquis de 68.

  Et puis combien les écologistes se sont emparés de ce secteur hautement explosifs, si je peux me permette, en arrivant à culpabiliser ceux qui ont réellement besoin de cet instrument, tout simplement pour vaquer au quotidien que notre société moderne impose.

  Ainsi non seulement la voiture coûte cher, pollue, mais en plus en culpabilise le propriétaire. J’ai eu dans mon cabinet des analysants d’une terrible sincérité, coincés et piégés entre la nécessité absolue d’avoir une voiture et des dogmes faussement écologique de mode.

  En l’évoquant, comment ne pas  exprimer le coté machiste conféré à l’automobile et ce depuis que celle ci existe, sans le développer plus, il suffit de voir toutes le publicités sans aucune équivoque qui placent en avant la virilité détenue. D’ailleurs dernièrement une marque italienne a récemment lancé un modèle sous le concept commercial « For Ladies only, Gentleman forbidden » et ce en liaison avec un magazine féminin

  Celles-ci semblent être réservées aux  femmes, et d’autres sont positionnées comme des produits pour une nouvelle « classe » d’acheteurs au pouvoir d’achat élevé Et puis étrangement une récente approche qui est moins connue et insolite mais cohérente sur le plan marketing dont on comprend la démarche, une autre nouvelle classe a été identifiée au pouvoir d’achat élevé avec double salaire et sans enfant, connue sous l’acronyme DINK (Double income no kids), autrement dit les couples homosexuels ou hétérosexuels « actifs » sans progéniture ou enfants en programme.

  La mécanique était au centre de L’automobile, progressivement elle s’est estompée se rendant discrète, peu apparente, au profit d’études de style c’est donc à travers cela  qu’elle nous représente systématiquement.

  Avant de développer ma modeste contribution à cette vaste réflexion, il était important de repositionner le cadre extrêmement sophistiqué dans lequel cet objet est pensé structuré industrialisé.

  Réflexion dans laquelle les sociologues, les économistes permettent par leurs travaux aux publicitaires de développer ces campagnes pertinentes. L’automobile est l’objet de l’évolution de touts les technologies, c’est en cela qu’elle est représentative de son époque. Regardons aussi les grands lobbyings comme par exemple les accords entre les grands groupes manufacturiers pour se mettre d’accord pour par exemple à une certaine époque valoriser le diesel, là encore cela serait long et inutile à développer, puis actuellement un semblant de marche arrière, recentrant sur un mixte essence électrique. Les associations d’écolos pensent avoir gagné un combat, absolument pas elles sont intégrées elles aussi dans le vaste processus de ces puissantes industries à l’échelle de la mondialisation. Le consommateur acheteur, conducteur que nous sommes sera bien évident manipulé par les arguments des ingénieurs et publicistes, car s’il a été décidé tel ou tel type de production   la masse dont nous faisons partie devra y souscrire !

  Nous pouvons la comparer à notre corps, ne serait-ce par le simple faite qu’elle a besoin de s’alimenter, de se faire réviser chouchouter, combien sont d’ailleurs ceux qui ont attribué secrètement ou publiquement un nom à leur chère voiture.

  Retour sur la question principale, la Psychanalyse, la raison d’être de ces articles, principalement l’articulation et le regard que celle ci propose sur des sujets objets du quotidien de notre vie. Les courts développements précédents me semblaient néanmoins nécessaires et indispensables, le thème, le sujet  étant si vaste , relevant de nombreux domaines, qu’il mérite à lui seul de multiples développements par  un ouvrage dédié.

 

      Les voitures auraient donc un sexe ! Mieux elles en ont deux !

 

 Elles sont « consumérisement » matrice et phallique en même temps !

 

  C’est un objet fantasmé, chargé de fortes charges, celles-ci sont affectives, érotiques et bien sûr pleinement imaginaires. C’est aussi la première fois que cette notion de liberté est associée à la notion quasi d’infini, pour une des toutes premières fois la vue ne se limite plus seulement à l’espace que seul l’horizon définissait.

  Ce sont des espaces d’intimité et de liberté combinés qui vont conjuguer ainsi leur pouvoir d’un imaginaire décuplé. Ainsi ce dont rêvait l’homme depuis l’aube de temps se réalisait. Elle est donc individualité, liberté et contraintes sociétales ensemble.

  Et puis en quelques années elle fait passer l’homme du bout de sa rue, du bout  de son champ, du bout du chemin, aux espaces infinis que seul la navigation autorisait. En quelque sorte le rêve sortait de l’eau pour toucher la terre ! Celle-ci était enfin accessible pour être découverte et se l’approprier mieux, et cela bien avant l’arrivée du téléphone et encore moins d’internet.

  Comment ne pas associer à ces sentiments de découvertes, liberté apprentissages, une dernière perception de ce monde devenu nouveau. Puis, ce qui était dévolu aux livres et aux savants devient d’un coup la propriété à celui qui la prend sans la demander.

  En cela l’automobile est aussi un outil de  révolution.

 

              Revenons en aux lectures que propose la psychanalyse.

 

  La voiture a la particularité de porter une charge symbolique double elle est profondément matricielle avant d’être phallique n’en déplaise aux détracteurs. Matricielle car avant toute autre chose, nous entrons dans cet habitacle qui au fil du temps est devenu choyé. C’est une clôture utérine, nous plongeons instantanément dans le monde enfantin, ou le moins le plus intime est automatiquement happé. Nous sommes dedans au plus intime de la matrice.

  Elle nous représente, nul ne peut y échapper. L’analogie avec le corps est manifeste, la carrosserie avec le choix des teintes est une peau. Elle a des formes, on parle de son regard elle fait des bruits étrange au démarrage, en passant les vitesses. Elle est en quelque sorte viscérale, comme nous il faut l’alimenter, l’entretenir, elle a son carnet de santé, et puis principalement je suis dans elle et collé à elle.

  Ce qui signifie, comme au même instar de tous les robots des films et autres jeux de science-fiction, celle-ci agit immédiatement en nous, elle interfère, comme si des connexions s’établissaient malgré nous, cela entre dans de l’automatisme. A ce moment elle est nous fusionnée. Nous ne sommes plus qu’un confondu « confusa corpus »   le prolongement de nous, comme si elle et nous étions instantanément connecté dés notre installation.

  Quoi de plus jouissif que d’être à l’intérieur d’un outil capable de force démultipliés. C’est animal décuplé par la puissance évaluée en chevaux vapeurs. Dispositifs simple que l’on nomme machines et qui nous permettent d’amplifier de décupler l’énergie mécanique la rendant plus efficace, un travail accompli ai moindre effort , tel est le rôle dévolue aux machines.

  Quoi de plus représentatif correspondant à notre automobile, ou le simple fait d’appuyer sur un pédalier nous propulse a plus de 100Km heure en se rendant là où l’on veut par le simple fait de tourner le volant.

 

               Elle est les deux simultanément féminine et masculine !

 

  Cela nous ramène dans l’intime dans les strates de la psychanalyse. Cet habitacle nous fait entrer instantanément dans les stades archaïques, ce sont ceux qui déterminent les champs prépsychotiques.

  Rappelons nous des stades archaïques enfantin  et bien nous y sommes, ce sont ceux de l’auto suffisance du narcissisme primaire, celui dans lequel l’enfant encore nouveau né est fort de son pouvoir illusionnaire, celui de la toute puissance que le stade oral confère. N’oublions pas que la première rupture narcissique intervient lorsque à cette toute jeune époque l’enfant passant de fœtus à « extra-muros », n’étant plus alimenté par le cordon, et espérant encore cette auto suffisance se rend compte inévitablement qu’il dépend de l’autre celui qui est là et qui l’alimente et bien oui en entrant dans cette matrice chérie qui est notre automobile les instincts les plus archaïques sont ravivés immédiatement.

  La subtilité ultime c’est qu’en réalité l’automobile est masculine et féminine. Féminine avant toute autre chose car elle est cet habitacle matrice, certains la veulent fœtale, car elle peut se transformer, en lieu de vie, on peut y dormir, avoir des relations intimes, et s’y protéger.

  Malheureusement combien sont ceux dont elle est le dernier refuge avant la rue, et pour certains l’exutoire des peines dans laquelle on peut se refermer, pour s’y sentir protéger. Elle devient malheureusement le dernier lieu de vie dans lequel démuni c’est le refuge ultime avant la disparition de la société, c’est à ce moment le dernier rempart contre la disparition l’inutilité, posséder une automobile est encore le dernier lien, le seul vestige d’une identité sociale avant la clochardisation pour certain et comment ne pas y trouver une dernier cette matrice que l’on essaye de faire perdurer ?

  Ce sont  bien évidemment les clichés d’une toute puissance phallique qui sont reprochés à l’automobile d’être. Plus réellement au conducteur ou propriétaire de s’identifier ainsi. L’habit faisant le Moine avoir une grosse voiture puissante, serait dons le signe rassurant d’une virilité assurée. Rappelez vous mon article sur le complexe du vestiaire.

  Les pulsions, sont des pulsions de sexualité, ce sont les plus primales instinctuelles proches de la libido initiale qui s’expriment au volant d’une voiture protégé par sa matrice le conducteur tel le nourrisson, peut sans le savoir libérer ses instincts les plus démesurés, démultipliés qu’il le sont par la machine. Nous sommes dans ces premiers stades là où le Moi quasi inexistant ne peut se différencier que sous l’influence du monde extérieur, à ce stade l’enfant n’a pratiquement pas de Moi et surtout pas la moindre conscience du monde extérieur, il n’y a pas non plus de conscience claire, mais plus une sensibilité indifférenciée soit elle plaisir ou douleur.

  Cela agit comme si instantanément le fait de devenir pilote conducteur ravivait cette mémoire archaïque de toute puissance, qui naturellement a du être frustrée, sinon l’homme serait resté à ce stade tel un animal soumis à la plupart de ses pulsions, et ce n’en déplaise à nouveau à beaucoup, les hommes et les femmes se retrouvent ensemble prisonniers de ces pulsions, quasi à égalité.

  Combien hommes ou femmes confondus viennent en démarche analytique car apeuré d’avoir été submergé ces pulsions à grand peine ou chance d’avoir pu se contrôler et d’échapper à l’inévitable.

  Il  y a il est vrai des nuances comportementales entre les  conduites masculines et féminines  au volant mais elles sont minimes, les différences de conduites pouvant apparaître plus comme des reliquats de la culture dans lequel les genres sont été distribué, ne dit on pas d’une femme qu’elle conduit mal mais plus prudemment, et cela ne repose que sur une tradition populaire n’ayant bien sûr aucun fondement. Cela est assuré l’automobile devient un moyen d’expression de la virilité quand il est le seul moyen de cela l’automobile devient un objet dangereux et parfois comme une arme, dont on ne sait ce que va en faire le conducteur sous le primat de pulsions exacerbées.

  Toujours au niveau psychanalytique, l’automobile apparaît très souvent dans les rêves comme sujet de représentation symbolique et fantasmatique de notre inconscient. Homme ou femme confondus et conjointement. Pour rappel le seul qui peut donner du sens au terme interprétation est le rêveur bien sûr, les bons conseils éclairés de qui que ce soit psy, ou autre n’ont qu’une valeur d’illustration pittoresque.

  A ce stade il est incontestable que dans les rêves de nos analysants comme dans les vôtres d’ailleurs, l’automobile entre en lice comme la plupart des moyens de déplacements d’ailleurs. Et pour en faire un inventaire rapide nous y trouvons pêle-mêle : casser sa voiture, qu’elle-ai les pneus crevés, plus de lumière, plus de carburant, tourner en rond, rester coincé dans le garage ne plus trouver la sortie je vous laisse imaginer les lectures que le rêveur peut y apporter, et qui sont signifiants souvent quand à la réalité de ce son inconscient exprime utilisant comme vecteur de son état souvent l’automobile.

  Aussi quand certains réduisent le rapport à l‘automobile à l’expression d’une virilité exacerbée, que les machos utilisent cela pour parader c’est vrai, mais tellement plus subtil que les nuances y ajoutent   des paradoxes. Il y a une vrai similitude à conduire une automobile, et les phénomènes de violence ne sont pas dédiés plus aux hommes qu’aux femmes, les différences de rapport sont plus éducatif et culturel lié aux conditionnement des uns et des autres.

  Sans rentrer dans ce qui prévaut entre l’inné et l’acquis ici nous touchons à cela et nous pouvons dire que face à l’inné instinctuel il y a la même primauté comportementale archaïque, les différences apparaissant sur l’acquis à savoir l’adaptation dans lesquelles les conduites éducatives placent le petit garçon ou la petite fille. Cette dernière ayant tendance d’avoir comme qualificatif d’attribution la prudence, alors qu’au garçon on attribue plus volontiers la force physique.

 

Mais ne nous y trompons pas, cela va relever de l’adaptation liée à l’éducation et non à de l’inné dans le sens de la pulsion primitive.

 

  Il n’y a pas à ma connaissance d’objet à pouvoir catalyseur pouvant cristalliser  autant  les pulsions. Cet environnement clos protecteur qui instantanément réactive ravive les stades primitifs, couplé à la puissance  de la machine prolongement de notre corps.

  Les stades de la construction infantile sont donc à nouveau en scène mais cette fois de façon particulière. Ils sont activés simultanément et entrent en  activation ensemble :

–       Le stade oral, par l’ambiance inhérente qui active la matrice utérine-foetale.

–       Le stade anal, par les apprentissages et l’intégration et maitrise des règles qui caractérise la base de toutes les éducations.

–       Le stade phallique par la puissance décuplée démystifiée qui caractérise les débuts de la construction de la personnalité.

  L’automobile est par nature l’objet de la toute puissance d’un Moi, oui mais d’un Moi artificiel. Dans lequel les sensations sont altérées par les pulsions, et dans lequel le libre arbitre à la bonne conduite est très relatif.

  Aussi aucun objet-symbole ne présente ces caractéristiques ce qui explique la passion que l’automobile peut alimenter bien au delà de son simple usage.

  Je mets quiconque dire  moi, j’échappe à ces règles. Combien se sont fait des peurs et ont frôlé la catastrophe. Hommes et femmes confondus. Les femmes aussi parlent de ces mêmes poussées incontrôlables que procure la délectation qui a un moment nous submerge comme un réel plaisir que seul procure réellement la jouissance. Quand elles sont sur le divan et évoquent  cela, quelles qu’en soient les nuances, le dictionnaire des noms d’oiseaux qu’elles utilisent au volant est au moins aussi riche que celui des garçons.

  Symbole machiste dés son arrivée, elle bascule naturellement et heureusement  dans le camp des femmes très vite dés les premières guerres lui faisant découvrir et rajouter des fonctionnalités existantes mais pas encore évoquées comme l’appel au voyage à la découverte au partage. Cette liberté durement acquise par les femmes l’automobile en rejailli en profite.

 

          Comment conclure, et d’ailleurs le sujet s’y prête t’il ?

 

  Il faudrait un ouvrage entier, format que cet article ne peut contenir. Je suis peiné de ne pas avoir pu tout énoncer et encore moins développer tant cela est vaste.

  Je n’aurai pas le temps de exposer cela ici qui mérite un article mais que dire :

– Des vans qui dés les années 70 ont été une approche celle du voyage, s’inscrivant dans une autre culture, la contreculture des débuts hippies, et l’automobile y a tenue une très grande place.

– Que c’est un espace intime que certains prolongent avant de rentrer après une journée de travail.

– Que c’est un endroit de l’intime que l’on s’approprie et que dans lequel on dépose ses secrets les plus intimes, tels que lettres d’amour photos.

– Combien de rendez vous secrets sentimentaux ou « d’espions » autorise t’elle.

– Que c’est là où l’on fait l’amour pour la première fois, et où en cachette l’on y continue.

– Que le monde des courses automobiles de toutes natures formules diverses, courses de côte, de stock-car, à chaque sujet il faudrait un développement.

– Du fait qu’elle est Yin et Yang ensemble.

       – Que l’on peut la bichonner, la customiser, les collectionner.

– Mourir à cause d’elle  pour elle.

– Remplir l’imaginaire du cinéma, James Dean en est le fruit.

– Que les voyous achètent des grosses berlines allemandes d’occasion, mais sans elle qu’elle serait  l’expression soit disant de leur virilité et force.

– Que dire de son pouvoir hautement évocateur quant aux souvenirs et cela je le vois lors de séances de divan pendant lesquels la voiture de l’enfance fait resurgir de nombreuses ambiances, lieux, qui sont autant de portes vectrices à l’introspection.

  Mais rappeler surtout aussi avec force  la puissance de ce qui fait la spécificité de cet imaginaire symbolique de l’automobile. je le rappelle c’est cet allégorie double qui apparait fait d’ambiguïté, cette espèce de dualité asexuée de l’automobile, qu’on a eu du mal à définir dans son genre masculin, féminin, ou neutre.

  Un sujet d’apparence légère peut nous conduire à des réflexions à côté desquelles nous passons souvent trop rapidement surtout concernant cet objet  familier fascinant cristallisant autant de haine et de passion . C’était cela mon intention, en cette période estivale pour laquelle l’automobile redevient un temps symbole d’espaces et de liberté.

 

Vivre c’est cheminer le temps d’un court voyage. F De Quevedo.

Lien sur le site de mon livre : Changer et guérir vite grâce à la psychanalyse.

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