Deviens ce que tu es !

Posté le 6 janvier 2022

 

Un article nécessairement conceptuel et technique, pour préciser l’ensemble des développements en cours.

 

Peut-on distinguer « ce que l’on est » de « qui l’on est », ce questionnement comme un prologue pour organiser notre réflexion autour de cet aphorisme :

 

Deviens ce que tu es

 

C’est avec cette célèbre formule que nous allons développer notre réflexion. Formule attribuée à Pindare, philosophe qui aurait vécu au troisième millénaire avant JC, puis reprise par Augustin d’Hippone au IVème siècle, celui-ci est plus connu sous le nom de St Augustin, puis cette citation « Deviens ce que tu es » est devenue véritablement connue car utilisée et développée par Nietzsche, elle est même présentée comme une forme de synthèse de sa philosophie.

 

Dans cette formule, il est intéressant d’y noter une statique et une dynamique figurant ensemble et plutôt incompatible entre elles, à savoir l’être et le devenir, mais finalement peut-on mieux définir ainsi ce qu’est la psychanalyse PAR, particulièrement dans sa volonté de faire émerger le Moi intime.

 

J’ai souvent exprimé que l’enfant naissait pur et que l’éducation le révélait ou le détruisait. Nous savons également que nous sommes la résultante de l’ensemble des déterminismes :  psychiques, sociaux, locaux, circonstanciels.

 

Considérant donc que l’enfant naitrait pur et qu’il serait ainsi progressivement pollué, il est intéressant de préciser, également dans cette même pensée, que l’inconscient existerait avant tout autre élément psychique. Plus précisément le butyrum qui est cette matrice primordiale dans laquelle se confondent les gènes et les sensations/perceptions. C’est là dans le ventre de la mère que s’opère cette soupe primitive.

 

Ainsi apparait un moment, dû aux sollicitations des capacités neurovégétatives, où se crée un état de perceptions, de sensations, associé à une mémoire, c’est le butyrum. Ce beurre primitif, c’est la base la plus véridique de chaque être humain, sa matrice unique faite de l’ensemble des expériences vécues, ressenties et mémorisées. Ainsi dans cette matrice initiale va apparaitre le Moi intime, qui est le mâtinage des gênes, de l’ensemble des déterminismes psychologiques transmis, ce substrat inconnu qui pourrait être qualifié par défaut d’âme philosophique.

 

Dès que le fœtus réagit le butyrum existe, ce sont les prémisses, les matrices de l’inconscient, et très rapidement y apparait cette intuition de Soi, qui est le Moi intime. Ce Moi intime est réactif, nous pouvons même affirmer que sa forme de pensée est la partie, la fonction, l’activité, qui sont voués à la formation de représentations intellectuelles. Celles-ci ne sont pas conscientisées, mais engendrées grâce à la synthèse combinatoire des stimulus sensoriels perçus par la psyché de l’être humain via son corps et du reflet subjectif de ceux-ci dans l’imaginaire du sujet en question

 

De l’intuition de Soi au Moi intime.

 

Il est communément admis de considérer la perception comme étant l’activité par laquelle un sujet fait l’expérience de propriétés présentes dans son environnement, ce qui est manifestement l’attitude d’un fœtus réagissant aux sollicitations. Cette activité repose sur des informations délivrées par ses sens. Cette notion de perception recouvre également le processus de recueil et de traitement de l’information sensorielle ou sensible, cela fait appel de ce fait aux sens physiologiques d’un organisme, puis développera ainsi ipso facto ses capacités cognitives, bien sûr à un niveau élémentaire. 

 

Ainsi la capacité de perception de Soi, cette intuition de Soi apparait comme l’émergence du Moi intime, car :

 

Je suis par ce que je sens, je suis parce que je sens, Je suis le Moi intime !

 

Le butyrum est cosmologique, c’est une topique au sens psychanalytique. De cette matrice émerge le Moi intime qui lui est dilué il n’a pas de limites, les frontières n’existent pas l’autre est moi, et je suis lui, d’ailleurs à ce stade il n’y a pas d’autre, il n’y a aucune temporalité. Des états de confusion et de pertes de réalités, correspondant à des psychoses telle que des schizophrénies dissociatives, peuvent en trouver l’origine par ces résurgences.

 

Dès l’apparition de ce butyrum, apparait une fonction dédiée à l’appréciation et au stockage de ces informations, c’est ce qui va devenir l’inconscient. Celui-ci est également amplifié des fonctions apportées par les gènes, et augmentées de tous les vécus.

 

Pour rappel le psychisme est indubitablement ce vaste maillage atemporel dans lequel tout active tout, le conscient et l’inconscient, le présent et le passé. Ce psychisme tel que je le présente est très archaïque, il est existant dans ce que je nomme le butyrum initial, qui est la capacité à l’enregistrement de nos vécus ressentis par l’ensemble du système neurovégétatif primitif.

 

Butyrum : perception des ressentis, et stockage de ceux-ci.

 

Nous allons ainsi mieux percevoir progressivement en quoi le Moi freudien n’œuvre pas forcément dans l’intérêt du Moi intime, car c’est une position médiane.

 

Du butyrum émerge ainsi l’inconscient et le Moi intime. 

 

L’inconscient devient une faculté de « psychiser » les sensations physiques apportés par le biotype, cette première étape est la base archaïque de notre psychisme naissant. Comme un mille-feuille celui-ci va continuer à se construire et ajoutera progressivement la couche du langage. Pour rappel celui-ci n’apparait pas spontanément et les premiers sons, bruits de toutes natures, ambiance des langues, singularités de diphtongues, tout le constitue et y participe. C’est à partir de lui que le champ conscient va émerger, et dans lequel le Moi intime va se prolonger par cette extension qui deviendra le Moi tel que proposé par Freud. 

 

Le Moi intime étant la capacité d’appréciation, il se distingue de l’inconscient dans le sens où il discerne les sensations, les impressions.

 

Le butyrum comporte de la sorte :

 

  • L’inconscient qui fonctionnera notamment comme un logiciel, dont la fonction constante sera d’établir un pont, une interface entre le corps et la psyché, ce sera le lien entre un état physique et un état mental. C’est une base de données atemporelles et non hiérarchisées, mais organisées par piles de même valeurs et « fréquences ». Nous pouvons en discerner deux sortes les PMDP poches matricielles de plaisir et les Vacums poches matricielles de déplaisir.

 

  • Le Moi intime étant comme une perception de Soi apparaissant dès que le fœtus réagit aux stimuli. Dès que les ressentis sont perçus émerge l’intuition de Soi qui va devenir le Moi intime. Le Moi intime évoluant pourra donner l’idée de Soi. Le Moi conscient apparaitra ainsi plus tardivement avec le langage, et il va se superposer progressivement dans et avec le Moi intime. Le langage va permettre simultanément l’émergence du conscient et de la pensée qui existait auparavant, mais non conceptualisée.

 

C’est à ce moment précis qui est celui de l’intersection des envies avec la réalité, que se crée le Surmoi. La part qui pense et qui semble animer l’expression de ma volonté c’est le Moi, mais une bonne partie ne peut émerger, il s’agit Moi intime.

 

Le Moi n’est que la partie émergée la partie visible du Moi intime. Il peut y avoir comme un oubli de cette partie très ancienne. En réalité le Moi intime et le classique Moi freudien ne devrait en faire qu’un. Mais l’histoire fait que cela n’est pas aussi simple que cela. Car la jonction entre les PMDP et les réalités, ce qui peut être assimilé aux le principe de plaisir à celui de réalité, ne se fait pas le plus aisément.

 

Topique du psychisme en PAR :

 

 

Il s’agit d’une représentation provisoire, car je finalise actuellement une représentation plus globalisante de cet appareil psychique, mais qui permet néanmoins de faire figurer :

 

  • Le butyrum matrice de l’inconscient et du Moi intime 
  • Le Moi intime qui se façonne dès que les ressentis sont opératifs.
  • L’inconscient apparaissant comme une mémoire active, interface entre le biotype et la psyché.
  • Les PMDP et Vacum apparaitront mieux représentés dans un autre article.
  • Nous y voyons également une esquisse des piles, et pouvons percevoir comment et pourquoi certaines émergent dans le conscient.

 

Je consacrerai un article aux Poches Matricielles De Plaisir PMDP et à leurs fonctionnements, pour comprendre mieux comment fonctionnent nos mémoires, nos appétences, nos réflexes de toutes natures, en opposant ce concept à celui de Vacums, qui sont les poches matricielles de déplaisir.

 

Je tiens également à préciser ici qu’il faut considérer la notion d’inconscient différemment que celle habituellement intégrée. En effet c’est avant tout une mémoire, une base de données qui stocke tout, et notamment les codes, les automatismes, dont nous avons besoin constamment comme les réflexes, qui sont plus ou moins Pavloviens. L’ensemble des vécus y est stocké, une partie en est consciente, mais l’autre fonctionne et est active. De ce fait les Vacums sont déjà présents avec les PMDP Poches matricielles du plaisir par opposition aux poches matricielles du déplaisir les Vacums.

 

L’inconscient est cette base de données surtout pas inerte, mais profondément vivante non homogène, par définition homéostasique. Le Moi intime est lui comme un ilot de perception émergeant, dans lequel l’intuition de Soi le distingue de l’inconscient, c’est l’état de l’existant de moi. Le Moi intime se distingue de cette mélasse, gâtine qu’est l’inconscient par l’intuition de Soi, l’être existant. La représentation topicale en permettra une meilleure compréhension.

 

Si tout se passe bien il y a une progression une harmonie, notre Moi étant la continuité, la poursuite de ce Moi intime. Mais la différenciation s’effectue par l’apparition du Surmoi, dans lequel le Moi se fond, se confond. Ce qui chez l’homme moderne ne peut échapper à l’apparition du langage, et ainsi à la capacité de conceptualisation, d’imaginaire, d’élaboration des processus cognitifs. 

 

Il y a deux façons de se couper du Moi intime, la première est une sur mentalisation, et c’est la raison pour laquelle je ne revendique pas la méditation qui travaille dans ces soi-disant forces supérieures de l’esprit. Si celle-ci est considérée comme un simple exercice physique comme de la respiration ou autre c’est parfait, mais s’il s’agit de survaloriser des capacités, c’est le Surmoi qui est activé. Par une création de modèles de nous objectivement survalorisés. Et nous savons que celui-ci travaille dans la création de modèles de coercition, ainsi il sera proposé au patient de se projeter mentalement dans des états, des endroits, il s’agit de la technique de sophronisation, mais qui ne seront pas des réalités. Ce sont les raisons d’ailleurs pour lesquelles Freud a quitté l’hypnose par le danger que de créer puis de maintenir des illusions de bien être est dangereux.

 

La deuxième façon, de se couper du Moi intime, ce sont les traumas qui à force de verser, stocker dans l’inconscient leur charges vont saturer les piles qui vont progressivement étouffer cette aspiration intime, par l’énergie qu’elles vont absorber dans la fonction qu’exige le refoulement.

 

Différenciation entre Moi intime et inconscient.

 

Le Moi intime se distingue de l’inconscient dans le sens où il discerne les sensations, les impressions, qu’il tend à reproduire et à retrouver ce qui lui est bienveillant, nous sommes confrontés aux racines du principe de plaisir. Celui-ci est très proche des sensations d’agrément, par opposition à celles de désagrément. 

 

Les effets ou émotions relèvent du Moi intime, les sensations elles, de l’inconscient. 

 

Les mots « sensationsémotions et sentiments » sont souvent considérés comme synonymes. Pourtant, les sensations sont reliées aux perceptions des cinq sens, les émotions et sentiments sont reliés au ressenti, à ce que ressent l’individu.

 

  • Les émotions sont des sensations qualifiées, et donc hiérarchisées.
  • Les sensations ne relèvent que de la perception neurophysiologique

 

Le sentiment appartiendra plus au Moi, mais s’il est idéalement couplé avec les émotions et les sentiments la boucle est parfaite.

 

En continuant à préciser.

 

Le butyrum contient l’inconscient qui s’organise par un système de ressenti perception, avec le stockage associé pour organiser les réflexes adaptatifs, qui peuvent se répartir entre le Ça et le Surmoi. Dans le Ça car il s’agira du maillage entre liens instinctifs et d’une information, le principe de plaisir. Puis dans le Surmoi, car ces informations seront de fait sélectionnées par le principe de réalité, qui fonctionnera à ce moment comme un shunt, autorisant ou verrouillant l’accès au conscient.

 

Ce qui fait émerger le Moi intime c’est la notion de discernement, puis de qualification et donc y apparait rapidement la notion de recherche de reproduction du plaisir ressenti. C’est cette notion de discernement qui fait apparaitre l’intuition de soi qui est donc le Moi intime.

 

L’inconscient assimile simplement, il absorbe, et si des Vacums se créent, ils reproduiront ce qui n’est pas « réactionné », l’inconscient exulte dès lors son état, il est, cela par le simple fait de ses expériences accumulées, il ne peut rien changer à son état.

 

Le Moi intime dès son émergence tend à rechercher puis à recréer l’état de bien-être. Le Moi intime étant inconscient, il ne pense pas, il fonctionne comme un maillage atemporel d’interconnections c’est dans lui que se créent les Vacums et les PMDP. 

 

L’inconscient se crée comme une mémoire active, une forme de mémoire réflexe dans laquelle les sensations accumulées sont stockées avec leur charge et le script comportemental.

 

Comme une chronologie :

 

  • A partir du moment où le système neurovégétatif apparait existant et fonctionnel, émerge ipso facto le butyrum. C’est une topique au sens psychanalytique, un lieu dans lequel coexistent des fonctionnalités.

 

  • L’inconscient apparait avec son système de mémoire stockage et réflexe. Le réflexe émergeant de la capacité mémorielle.

 

  • Le Moi intime lui dès que les ressentis sont perçus émerge l’intuition de Soi qui va devenir le Moi intime. Le Moi intime évoluant pourra donner l’idée de Soi. Le Moi conscient apparaitra ainsi avec le langage.

 

Impossible de conclure bien sûr !

 

Mais essentiellement continuer à préciser ce développement en poursuivant et analysant les circonstances et les faits connus.

 

Cet article est une perspective pour la suite que je vais développer dans les autres écrits. D’ailleurs les lecteurs ont bien suivi que la plupart des articles présents sur mon blog se complètent et s’interpénètrent.

 

Le développement de celui-ci est doit permettre de mieux sérier la notion de Moi intime que j’y ai développé tout le long de l’argumentaire, que nous pouvons résumer ainsi :

 

Ce que je suis, c’est le Moi intime.

 

Ainsi le but d’une démarche en psychanalyse PAR est bien : « deviens ce que tu es » et nous sommes les seuls à le définir ainsi. C’est de permettre une fois la personnalité débarrassée de ses scories, de ses traumas, de toucher cet intime en moi par les Process de la P.A.R.

 

Ce moment qui est véritablement crucial, est celui où l’analysant est en train de changer de posture. C’est le moment où il passe de victime à responsable, cela je l’ai développé dans l’article précédent : « Perlaboration autogène de victime à responsable ». Ce point de rééquilibrage qui fait que l’être débarrassé des scories que sont les névroses va toucher l’intime.

 

Dans nos démarches, très rapidement nous touchons cette notion de Moi intime, notamment lorsque nous allons activer la perlaboration autogène, ce qui est déjà aborder cette idée de ma véritable identité, ce qui est le Moi intime.

 

Ce moment est très caractéristique de la pratique en psychanalyse P.A.R, qui permet de toucher cette partie de l’être, cette âme philosophique, qui est souvent perdue de vue pour beaucoup nombreuses personnes depuis de très jeunes âges.

 

C’est ainsi que certaines personnes découvrent que leurs personnalités ont malheureusement souffert des montages « en contre », sujet que je développerai dans une autre série d’articles.

 

Je tiens à préciser aussi que c’est en ce sens que la résilience n’existe pas, je ferai également un article en expliquant les raisons.

 

Certains stoppent la démarche une fois le mieux être installé et constaté, et c’est une victoire, car nous n’avons pas perdu de vue l’objectif de la guérison. Cette finalité qu’est la guérison est fondamentalement déjà une proposition en soi que la démarche PAR propose. Cette position à la différence de la grande majorité des démarches ou des explicatifs comportementaux, qui pourraient être proposés comme à travers un coaching, ou des repérages que pourraient apporte des psychothérapies.

 

Pour reprendre ce que j’ai développé dans mon ouvrage : « Réfléchir autrement » : seul l’homme lucide est heureux !!

 

 

Lien sur mon dernier livre : Une nouvelle psychanalyse la PAR :

https://www.psychanalyse-rivalin.fr/une-nouvelle-psychanalyse-la-par/

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