Structures d’état, structures du Moi

Posté le 10 novembre 2020

Cet article va se développer en plusieurs parties, elles-mêmes avant-propos à un
ouvrage en cours d’écriture.

Partie I)

Un titre volontairement en soupente, qui méritera un développement plus complet mais
qui va me permettre néanmoins d’y développer tous les liens et regards que la PAR apporte par sa conception et représentation du psychisme, en ajoutant ainsi des éléments de lecture pour une compréhension reliant à de nombreuses questions sociétales.

J’y aborderai ici très rapidement les concepts d’autorité et les systèmes d’autonomie de
l’individu. Mais ces développements seront obligatoirement incomplets vu le format de ces
articles.

J’ai toujours cette fameuse phrase que mes analysant connaissent par cœur, « c’est moi le
patron », il s’agit bien évidemment dans le cadre de nos démarches introspectives du Moi
psychanalytique, et plus particulièrement même, du Moi intime celui que je précise
souvent, tellement le concept du Moi freudien est galvaudé.

Cette périphrase a tout simplement pour effet de signifier que c’est bien le Moi qui doit être décisionnaire et non pas les dictats d’un Surmoi autoritaire plus ou moins bienveillant ou malveillant, ou encore moins les affects qui sont l’expression des pulsions qui sont elles de toutes natures comme la colère, la peur, la tristesse, l’envie et tant d’autres.

Je renvoie pour introduire ce développement vers mes deux derniers articles au sujet des
matrices de construction de la personnalité que j’ai mis en ligne dernièrement. Sur ce sujet
complexe de la construction de la personnalité la psychanalyse apporte des outils de
compréhension comme ceux des topiques ou des métaphores. Nous y avons vu la notion
des stades apparaître, et je souhaite y apporter cette lecture complémentaire s’appuyant
sur la topique freudienne, pour en préciser la compréhension.

Vous le trouverez sous les topiques !

Expliquer le fonctionnement du psychisme est une tache particulièrement laborieuse dans
laquelle la plupart des disciplines psys s’exercent toujours actuellement des neurosciences
en passant par toutes les formes de psychologie, et bien sûr également la philosophie. Dès
les prémisses de la découverte de cette nouvelle discipline qu’est la psychanalyse c’est une
tâche essentielle, prioritaire.

La notion de topique est apparue très rapidement concept emprunté à la topographie.
Trouver des systèmes de compréhension et représentation pour expliquer. Freud avaitquitté la première topique, apparue dans son ouvrage « la science des rêves » sorti en 1915, il avait ainsi proposé de façon « topicale » une représentation métaphorique de lieux
d’échanges des activités définissant ainsi le Conscient, l’Inconscient et le Préconscient.

Celle-ci avait l’avantage de faire apparaître le rôle de l’inconscient que l’interprétation des
rêves et ses travaux sur les hystériques par l’hypnose avec Charcot à la Salpêtrière lui ont
permis de mettre en évidence.

Malheureusement cette topique définit bien l’idée de lieu, de représentation des états, mais pas la notion d’échanges de natures économiques entre ces états. Savoir simplement
comment cela fonctionnait. Cette problématique est essentielle pour la compréhension du
fonctionnement du psychisme car elle sous-tend toute une organisation d’autres clefs de
discernement. Comme je le montre dans mes écrits la notion de but économique est un
des piliers de la psychanalyse, surtout de la PAR qui a une philosophie mécaniste s’appuyant sur des réalités observables du vivant, sur des faits.

Ainsi nous avons compris que rien n’est gratuit qu’il n’y a en réalité aucune réelle empathie ou compassion comme je l’ai montré à plusieurs reprises, mais que derrière des buts hautement désintéressés, humanistes ou de prosélytismes apparemment désintéressés il y a obligatoirement une finalité, un but à réaliser ou à assouvir.

Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, surtout le
psychisme !

Ainsi dans son traité élémentaire de la matière Lavoisier en 1789 qui est d’ailleurs inspiré
du philosophe grec Anaxagore, pose les bases de la science moderne, la sortant ainsi de
toutes alchimie et magie. Ce précepte unilatéral et universel de l’organisation de la matière
est également représentatif d’une application que l’on peut particulièrement observer dans
le fonctionnement du psychisme.

J’ai montré à travers mes travaux combien les vécus avaient deux possibilités soit ils
étaient aboutis, ce qui est le cas la plupart du temps, soit ils sont parfois totalement inertes
sans réaction apparente, comme par exemple un individu qui en apparence restera stoïque
dans son attitude et son absence de réaction.

Ce principe d’action-réaction que j’ai également montré appliqué au psychisme permet de
comprendre comment à toutes sollicitations exotypiques à laquelle le psychisme est soumis. Il y a obligatoirement une réaction, et pour en revenir aux vécus pour lesquels la réaction n’est pas apparente, en réalité celle-ci est bien réelle pourtant mais inobservable car la charge des informations que porte l’évènement est absorbée dans les piles, concept que j’utilise également de façon métaphorique.

Ainsi notre psychisme est constitué de ces vécus réalisés donc à peu près aboutis et de vécus absorbés dont la charge est présente mais sur laquelle nous ne pouvons intervenir car ils sont inconscients. Avec leur charge d’affect, le script comportemental qui y est associé et le pire le chemin pour y accéder ces piles sont présente en nous, mais autonomes, elles se déclenchent malgré nous.

Notre épithème : « le Ça, le Moi et le Surmoi »

Pour en revenir à cette description de l’appareil psychique cette seconde topique qui porte
maintenant les concepts de Moi, Surmoi et de Ça a l’avantage sur précédente qui était
statique, d’être dynamique. Elle montre que le Moi est soumis en permanence à deux
dictas, celui des pulsions plus ou moins refoulées comme je viens de la montrer et celui du
Surmoi.

Cette phrase c’est « Moi le patron » prend ici toute sa dimension, car nous comprenons la
tâche hautement importante et délicate qui est confiée à ce Moi censé être décisionnaire
Pour en revenir à notre ramonent nous pouvons représenter très succinctement ainsi le
fonctionnement du psychisme sous cette seconde topique :

 

  • Un Ça qui est le lieu des pulsions

 

  • Un Moi qui serait l’intérêt de la personne entre le savoir, la raison, le narcissisme

 

  • Un Surmoi qui serait l’agent critique en réalité l’intégration des interdits et des
    exigences.

 

Nous le comprenons aisément ce Moi est extrêmement fragile, c’est un sujet d’ailleurs que
les lycéens connaissent : entre passion et raison que choisir !
Je le développerai ailleurs mais nous voyons comment et combien nos contextes que je
nomme déterminismes psychologiques sont organisés et structurés par les systèmes
historiques dans lesquels nous nous sommes construits.

 

Les parents font leurs enfants, ce seront nos adultes de demain !

Ainsi les attitudes parentales vont s’organiser en fonction de ces règles qu’eux-mêmes
auront admises ou non et intégrées et qui vont générer leurs attitudes éducatives. De
celles-ci vont en découler la liste des comportements autorisée et des autres interdits.
L’enfant en fonction de la façon dont le parent va poser sa règle, essentiellement en
fonction de la façon dont le parent se sent légitime à être l’autorité, l’enfant y adhère ou
non. L’explicatif à la justification de la règle est particulièrement fondé si la relation
d’affection est suffisamment crédible. L’autorité parentale est créditée par l’existence d’une
relation d’affection.

Ces attitudes parentales sont elles-mêmes structurées et dépendantes du cadre socio-
politique dans lequel elles évoluent. Ainsi en fonction des lieux, des époques, des modes et
des coutumes, se font et se défont les lois, qui vont déterminer les mœurs, les deux  s’organisent ensemble en interdépendance. Ainsi être né au moyen Age, en Europe en Asie vont bien évidemment déterminer les codes comportementaux.

Quand ceux-ci apparaissent et que le psychisme peut les évaluer par comparaison, entre les éléments intégrés le Moi fait comme il le peut le travail. Comme il le peut car nous n’avons pas forcement toutes les informations à notre portée. Comme je l’ai expliqué le psychisme est constamment soumis aux dictats de ses pulsions, nos vieux démons eux
même réprimés par le Surmoi.

Ainsi, nos parents qui en règles générales sont aimants, vont nous appliquer ces
contraintes éducatrices elles-mêmes issues des environnements sociaux historiques, et
issues de leurs propres valeurs, issues elles-mêmes de…
 Comme le dit une publicité « nous n’avons pas les mêmes valeurs », confirmant ainsi cet adage, ce qui peut sembler bien pour certain est condamnable pour d’autres.

D’ailleurs nous constatons à travers la clinique que quitter son milieu social nécessite une
mutation de sa personnalité, ce qui se représente pour la PAR par une profonde évolution
de son psychisme qui va réadapter ses systèmes d’équilibre par une profonde mutation du
Surmoi.

Ainsi les enfants que nous avons été, n’ont d’autres choix que d’absorber ces règles avec ce
que certains nomment l’âge de raison où apparaît une relative capacité à évaluer, c’est le
fameux sens critique.

Ce n’est pas le lieu ni surtout l’espace à développer plus mais nous voyons que ce Moi est
censé être décisionnel et prendre de bonnes décisions. J’ai longuement écrit sur la
confusion qui est faite entre penser et avoir raison. Pour faire court nous pouvons dire que
le conscient est synthétique, il donne du sens en permanence.

En permanence le Moi tente de donner du sens, car nous l’avons compris tout est relatif,
 en fonction de l’individu et principalement de son Surmoi. D’ailleurs à ce titre de très
nombreuses personnes disent « je pense » et donc « j’ai raison » car la pensée émet très souvent de la déraison.

Observons très rapidement le mécanisme : Le Moi est celui qui pense et dont la fonction
principale est de gérer l’ensemble du psychisme et de l’être. Nous savons si celui-ci n’a pas
intégré la notion d’arbitraire et de relatif, ce qui n’est pas une donnée constituante,
considèrera toute pensée comme étant sa vérité, donc une vérité dans son absolu.

Hors nous savons ainsi qu’émettre une pensée n’est pas l’assurance systématique d’émettre de la raison mais trop souvent de la déraison.
– Ainsi les éducateurs nos parents eux-mêmes se façonnent dans les environnements
dans lesquels ils évoluent au gré des modes, au gré des mœurs et qui vont organiser
ce qui est autorisé et/ou interdit.
– Ainsi les enfants que nous avons été vont intégrer ces codes, ces règles. Plus l’enfant
est jeune et moins il peut relativiser, et plus la parole de l’adulte est impactantes,
plus elle aura force de vérité.

J’ai d’ailleurs développé dans d’autres écrits l’impact de la magnificence de la parole de
l’adulte pour l’enfant. D’autres part, nous observons que dans la plupart des situations et
contextes, le charisme des parents est suffisamment naturel en soi. Car nous savons que la
parole des parents doit s’imposer naturellement par la constance apaisée de leurs attitudes. Ainsi un parent qui « semblera » pétri de bon sens légitimera d’autant plus facilement la nature et la qualité de son message éducatif.

Sur les causes et les conséquences de l’échec de la relation parentale

Pour que le message de l’éducateur fonctionne il existe de nombreuses façons pour y
parvenir que sont le fond et la forme. Et le fait surtout que dans cet exercice il faut
également être deux, à savoir un émetteur et un récepteur, et qu’un parent non légitime
par des attitudes inappropriées ne sera pas considéré par l’enfant comme étant un
émetteur valable donc encore moins un interlocuteur valable.

Le plus évident pour préciser ces particularités sera bien sûr d’évoquer un parent alcoolisé,
dépressif, colérique, ou tout autre nature et de comportement, qui feront que
malheureusement l’enfant intégrera ces conduites de l’adulte comme étant des
défaillances.

Ceci pour lui équivaudra à ne pas, à ne plus avoir cet adulte comme interlocuteur. « cause
toujours tu m’intéresse !! » dit ici fort justement le dicton populaire.

Il ne faut pas confondre la peur et la légitimité ! Malheureusement combien d’adultes
amalgament cela. Assurément l’enfant aura peur, se soumettra mais n’intégrera pas la
règle, pire il la rejettera et avec la règle, il rejettera l’adulte, et cela peut être catastrophique
car tout ce que cet adulte ou tout autre système le représentant en exerçant une forme
d’autorité qui exigera de lui sera rejeté.

Ces clivages sont catastrophiques car ils peuvent être irréversibles, c’est ainsi
qu’apparaissent toutes les failles qui peuvent aller jusqu’au clivage psychologique. Si
l’adulte par force et violence oblige l’enfant, qui cédera d’une façon ou d’une autre, cela
créera des déficiences très importantes, des désordres, et malheureusement de troubles
psychologiques pour beaucoup.

Une attitude contraire, à savoir céder par principe à tous désirs de l’enfant, engendrera
identiquement une très grande immaturité de la part de l’enfant qui incapable de gérer ses
désirs, ses affects à savoir ses envies sera totalement immature, et deviendra un adulte
constamment frustrés par son immaturité à se contrôler et donc à se projeter.
Nous voyons combien l’adulte doit pouvoir être dans sa légitimité à dire.

N’en déplaise aux aficionados de l’éducation libre, genre : « libre, enfants de Summerhill » succédanés mais qui ont fait des émules, néanmoins surtout de graves dégâts.
L’enfant a besoin de cadre pour percevoir les limites de ce qui est lui et ce qui est extérieur,
je vous renvoie à mon article précédent car aux stades de la sexualité infantile cette
différenciation entre lui l’enfant et l’extérieur est floue, et l’enfant fonctionne dès sa
naissance, sous le seul primat « je veux donc je dois avoir ».

Le but de l’éducation est bien d’apprendre à l’enfant à gérer ce qui s’appelle une
frustration. A ce stade chacun à compris aisément que se croisent les concepts
d’environnement psychosocial, à savoir le propre système de valeur des parents, de
l’époque, des environnements et des capacités financières du parent, qui va consciemment
ou pas trouver légitime, la demande de l’enfant.

Alors que nous sommes dans du relatif et de l’instable, il n’y a réellement dans ce système
que la nature du cadre sociojuridique qui s’impose, mais celui-ci n’a pas plus de vérité, en
soi. Rappelons-nous que le droit de vote a été donné aux femmes par ordonnance en
France le 21 avril 1944. Celles-ci étant jugées trop immatures pour savoir quoi voter, et
qu’en est-il dans d’autres environnements et pays de nos jours ?

J’ai à de nombreuses reprises, précisé que l’attitude d’un bon pédagogue est de savoir
manier le fond et la forme, pour rappel le fond est la nature du message et la forme les
manières de procéder.

Il peut se présenter également de nombreuses singularités notamment si les parents se
soumettent à des autorités supérieures, des valeurs, d’archétypes, l’image de Dieu le père
en est une.

Il est tout à fait classique d’observer des enfants qui eux-mêmes observent leur père et leur
mère soumis à une autorité supérieure. Les grands parents, le parti politique, le syndicat.
Dans ces cas l’autorité des parents est très relative, voire inexistante, même si l’illusion fait
foi.

J’avais écrit dans mon livre : « Réfléchir autrement pour avancer » « Seul le lucide est
heureux » et malheureusement le monde des illusions commence déjà là.
Et cela explique comment vont ainsi se structurer des Surmois étranges empêtrés de
valeurs de toutes natures, et de très nombreux paradoxes.

Dans la seconde partie j’évoquerai la notion de légitimité indispensable à toute
forme d’autorité soit elle parentale que sociétale.
C’est l’équilibre du parent qui crée la légitimité de son autorité.

Lien sur mon dernier livre : Une nouvelle psychanalyse la PAR :

https://www.psychanalyse-rivalin.fr/une-nouvelle-psychanalyse-la-par/

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